Résidences pour aînés: les gicleurs ne rassurent pas tous les résidents

Un gicleur  Photo :  IS/iStockphoto

Dans son rapport sur la tragédie de L'Isle-Verte, le coroner Cyrille Delâge recommande de rendre obligatoire l'installation des gicleurs dans les résidences pour personnes âgées. Mais la seule présence de ces gicleurs ne suffit pas à rassurer tout le monde.

Les propriétaires de résidences ne sont d'ailleurs pas tous pressés de procéder à cette installation. « Il y a plusieurs personnes qui attendent que le réglement soit obligatoire avant de passer à l'acte, parce que ça représente quand même des sommes importantes pour un équipement de ce type-là », indique Étienne Desjardins, de l'entreprise Gicleurs de l'Est.

Québec a ouvert la porte pour fournir une aide financière pour l'installation de gicleurs dans les résidences. À la villa des Vents et Marées, qui est équipée de gicleurs depuis sa construction en 2010, les principaux intéressés ont toutefois des opinions partagées sur le sujet.

« Nous autres, ici, on est en sécurité. On a des gicleurs partout, il n'y a pas de problème », affirme Nelson Loof. « Ici on est tellement bien organisés, il y a des gicleurs partout, et on a bien été renseignés sur la marche à suivre en cas d'incendie » renchérit Laurette Gagnon.

Certaines personnes âgées soulignent toutefois que les gicleurs ne suffisent pas à assurer leur sécurité. « Sécurité, absolument pas. L'histoire des gicleurs, c'est la protection de la bâtisse et de nos meubles, et non de la personne. Nous, en tant que clients, on a besoin d'être assurés que quelqu'un peut nous aider en cas de feu. Ce ne sont pas les gicleurs qui vont nous aider », affirme Jeanne Dion.

Même dans les résidences qui étaient déjà équipées de gicleurs, les événements de L'Isle-Verte ont changé certaines choses.

« C'est sûr qu'on fait des rappels plus fréquents à propos de quoi faire en cas d'incendie. [En plus des] exercices qui sont obligatoires avec le service incendie, ici à l'interne on fait des rappels régulièrement », affirme Synthia Boucher, coordonnatrice de la Villa vents et marées.

« Depuis cet événement là, quand j'ai des visites de gens qui viennent [vivre] ici, c'est toujours la question : est-ce que vous êtes une résidence giclée? Est-ce qu'il y a de la sécurité? Ce sont des questions qu'on me pose », confirme le conseiller en qualité de vie au Manoir Les Générations de Rimouski, Daniel Laurin.