Le tour de la Gaspésie en voiture électrique

Gilles Demers de Drummondville complète le traditionnel tour de la Gaspésie, soit une boucle de 1900 km, en voiture électrique.

Le reportage de Martin Toulgoat

Accompagné de sa conjointe, M. Demers s'est même permis une incursion au Nouveau-Brunswick. Tout cela, sans débourser un sou pour recharger sa voiture puisque le conducteur a utilisé des bornes de recharge gratuites.

Membre du Regroupement des amateurs de véhicules électriques du Québec, il explique que ce type de voyage demande toutefois beaucoup de planification. « Il faut, précise M. Demers, calculer notre temps de recharger, notre temps de déplacement. On ne fait pas du 100 km/h à moins de rouler sur l'autoroute et d'être obligé de le faire, mais sur une petite route, quand il y a moins de trafic, on roule 70, 80 km/h. »

Gilles Demers est bien conscient que c'est moins rapide que dans une voiture conventionnelle.  « Le monde nous passe, admet-il, il n'y a pas de doigt d'honneur qui se lève, mais pas loin. Mais je suis certain que la même personne, dans une halte routière, serait la première à nous poser des questions et à s'intéresser au véhicule électrique. »

L'autonomie de sa petite voiture est d'environ 130 kilomètres.

L'application Plug Share lui a permis de repérer tous les points de ravitaillement existants, tant résidentiels que publics.

Durant son voyage de 10 jours, Gilles Demers n'a produit aucune émission de gaz à effet de serre.

Denis Perron, un autre propriétaire de voiture électrique, croisé sur un terrain de camping de la Gaspésie, a quant à lui déboursé 5 $ dans les bornes payantes d'Hydro-Québec pour effectuer le trajet Montréal-Mont-Louis. « Ça me coûtait, pour aller travailler, 200 $ par mois en essence et là ça me coûte environ 15 $ d'électricité par mois », raconte M. Perron. Pour lui, rouler en voiture à essence « c'est vraiment terminé! »

Gilles Demers n'aurait pas pu compléter son tour de la Gaspésie sans utiliser les prises normales qui nécessitent un temps de recharge beaucoup plus long ou les bornes résidentielles.

À Gaspé, il s'est arrêté chez un pêcheur, d'une soixantaine d'années, Gaston Cotton.

Depuis neuf mois, M. Cotton n'hésite plus une seconde à troquer sa camionnette pour sa voiture électrique. On est montés à Granby, 850 km juste pour y aller. Ça fait trois fois qu'on le fait. Là elle est rendue à 33 000 km et on n'a jamais eu de troubles », raconte le pêcheur.

On en compte plus de 750 au Québec et une douzaine en Gaspésie.

Paradoxalement, c'est la Côte-Nord, la région qui produit le plus d'électricité au Québec, qui compte le moins de bornes de recharge. Selon les données disponibles, il n'y a qu'une seule borne de chargement disponible à Baie-Comeau.