Terrains contaminés : Murdochville hantée par son passé

Terrains contaminés

Après Montréal et Longueuil, la Gaspésie est la région où il y a le plus de terrains contaminés au Québec, selon une enquête du Journal Les affaires.

Selon le répertoire des terrains contaminés du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des parcs, c'est toujours à Murdochville que le nombre de terrains contaminés, 370, est le plus important.

L'ancienne ville minière compte des centaines de terrains contaminés par entre autres des métaux, des BPC, de l'arsenic et des hydrocarbures. Cet héritage de 50 ans d'exploitation du cuivre est toujours présent, relève la mairesse Délisca Ritchie-Roussy, mais le nécessaire a été fait : « On est une zone minière. Il ne faut pas oublier ça, mais présentement je n'ai aucune crainte de la contamination. On a été réhabilité. »

Cette dernière rappelle que la compagnie Noranda, qui a exploité la mine, a fait ses devoirs et payé 115 millions de dollars pour retirer 30 centimètres de sol. « On a déjà eu un comité environnemental qui a fait des suivis là-dessus puis il y avait des experts », raconte la mairesse. Mme Ritchie-Roussy croit qu'il ne faut pas galvauder le mot contamination. « Il faut faire attention, il peut faire peur à des gens, mais présentement, on n'est pas contaminé », assure la mairesse de Murdochville.

Expert en écotoxicologie et professeur à l'UQAR, Émilien Pelletier, n'a pas vu le travail effectué à Murdochville. Toutefois, il estime que si tout a été fait dans les règles, c'est déjà une bonne étape. « Si, précise M. Pelletier, on a correctement fait la surface et qu'on a correctement remblayé de manière telle que ce qui est en dessous, ne va pas revenir en surface. Déjà, une bonne partie du boulot est fait. »

L'expert estime que Québec devrait procéder à la caractérisation de tous les terrains contaminés de manière à bien évaluer la nature des travaux à entreprendre pour les décontaminer. Éventuellement, croit l'expert, ces terrains devraient avoir une nouvelle vocation. De manière, dit-il, à éviter que ces terrains soient oubliés.

« C'est plus un aspect économique que scientifique », ajoute M. Pelletier.  Il note que les terrains demeurent souvent contaminés parce que la facture des travaux serait trop onéreuse. « C'est dommage, souligne le professeur Pelletier, on traine pendant des décennies des sols, des sites et on repousse la facture à la prochaine génération. »

Outre les sites de Murdochville, les sites contaminés en Gaspésie sont majoritairement ceux d'anciens dépôts d'hydrocarbures et d'anciennes stations d'essence.