Tragédie à L'Isle-Verte

L'Isle-Verte : 14 décès confirmés

Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier

Le dernier bilan de la Sûreté du Québec (SQ) à L'Isle-Verte fait état de 14 morts et de 18 personnes portées disparues après l'incendie qui a ravagé une résidence pour personnes âgées la semaine dernière.

En point de presse lundi après-midi, Pierre-Paul Malenfant, de l'Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent, s'est adressé aux journalistes sur place pour leur demander de respecter l'intimité des victimes. « Les victimes ont vécu un drame important. Ces gens-là, pour pouvoir passer au travers, ont besoin d'intimité », leur a-t-il dit.

M. Malenfant s'inquiète que le processus de guérison des victimes ou des témoins de l'incendie puisse être retardé en raison des questions des médias. Les personnes qui vivent un choc post-traumatique, dit-il, revivent la scène après le drame, dans leur tête, et cela peut être pénible pour eux.

« Lorsqu'on leur demande des choses, ça leur fait revivre la scène. Et si ça ne se fait pas dans une démarche intime, avec des gens de notre entourage ou encore avec des professionnels, on fait l'hypothèse que cela peut retarder le processus de guérison. » — Pierre-Paul Malenfant de l'Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent

Lors d'un point de presse lundi, la mairesse Ursule Thériault a salué le courage des pompiers et les efforts des premiers répondants. Elle a aussi affirmé que les médias devaient maintenant se faire plus discrets.

Signe que la petite communauté retrouve un peu ses repères, les élèves de l'école Moisson-d'Arts ont pu réintégrer leurs locaux habituels, lundi. L'école servait de quartier général pour les services d'urgence depuis l'incendie.

Le ministre Hébert visite les sinistrés

Plus tôt, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Réjean Hébert, a passé la matinée auprès de sinistrés, qui lui ont raconté des histoires dramatiques, mais pleines de courage : « Je pense à M. Morin, qui m'a expliqué qu'il se trouvait au troisième étage et qu'il a dû mettre des draps bout à bout et s'enfuir à partir du balcon. Malheureusement, les draps se sont déchirés au deuxième étage, ce qui a compliqué son atterrissage », a décrit Réjean Hébert, se disant bouleversé et ému par ces témoignages.

Toute la question de la sécurité dans les résidences pour personnes âgées préoccupe le ministre Hébert, qui affirme qu'il est trop tôt pour instaurer une enquête publique, comme l'a évoqué le week-end dernier l'Association internationale des inspecteurs en incendie. « Il faut attendre les résultats de l'enquête policière », a expliqué Réjean Hébert, tout en mentionnant que cette hypothèse était examinée par le gouvernement.

De son côté, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, demande que l'enquête du coroner soit publique, compte tenu de l'ampleur de la catastrophe.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a annoncé qu'il se rendra samedi prochain à l'Isle-Verte, où il assistera à la messe en mémoire des victimes de cette terrible tragédie.

Les députés de la Chambre des communes ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes, lundi après-midi, lors de la période des questions à Ottawa.

De la sécurité des résidences pour aînés

Avant la tragédie de L'Isle-Verte, des mesures avaient été implantées pour améliorer la sécurité dans les résidences privées au Québec, affirme le ministre Hébert, qui cite en exemple l'instauration « d'une présence physique, le soir et la nuit, dans chaque résidence privée, ce qui n'existait pas auparavant ».

Actuellement, une résidence privée qui investit pour améliorer ses installations en matière de gicleurs ne voit pas la valeur de sa propriété augmenter. Réjean Hébert affirme que ce genre de considérations devra faire l'objet de négociations avec les institutions financières. En fait, toutes ces considérations sont complexes, comme l'explique le ministre de la Santé : « Comment on fait ça? Quel est le coût par résidence? Quel est l'échéancier? ».

Les recherches se poursuivent

Après avoir été suspendues pour mauvais temps, les recherches ont repris lundi matin dans les décombres de la Résidence du Havre.

D'après le porte-parole de la SQ, Guy Lapointe, le déroulement des opérations sera facilité par l'installation de toiles, sur le site. « Sous les toiles, on a chauffé. Lorsqu'on travaille sur une section, cela nous permet de continuer à chauffer les autres sections », a -t-il expliqué. Cette façon de procéder permettra d'avancer le plus rapidement possible, selon M. Lapointe.

Dimanche, des centaines de personnes ont assisté à une messe privée à la mémoire des victimes de l'incendie. Le propriétaire de la Résidence du Havre, Roch Bernier, a prononcé un discours, durant lequel il a été ovationné à deux reprises par les gens présents à l'église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste.

Par ailleurs, la SQ a mis en garde la population concernant les spéculations quant à la cause de la tragédie. Selon elle, l'hypothèse que la négligence d'un fumeur est à l'origine du drame n'est qu'une des nombreuses pistes examinées par les enquêteurs.

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