Tragédie à L'Isle-Verte

L'Isle-Verte : y a-t-il suffisamment d'employés de nuit dans les résidences ?

Un reportage d'Émilie Dubreuil

La tragédie de L'Isle-Verte soulève bien des questions, notamment à propos du nombre d'employés des résidences pour personnes âgées qui devraient se trouver sur les lieux pendant la nuit.

La loi exige qu'un membre du personnel doit être présent pour chaque tranche de 100 résidents. À la Résidence du Havre, à L'Isle-Verte, deux employés veillaient sur la cinquantaine de résidents au moment du drame, jeudi, soit un de plus que ce qui est exigé légalement.

Le président de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées, Louis Plamondon, considère que cette norme ne suffit pas. Selon lui, l'incendie de jeudi prouve que « nos résidences ne sont pas à niveau. »

C'est un avis partagé par le président du Syndicat québécois des employées et employés de services, Jean-Pierre Ouellet, qui représente 6000 travailleurs dans des résidences privées. Il souligne qu'en 2009, le bureau du coroner avait recommandé qu'un employé soit présent la nuit pour chaque tranche de trente résidents. Cette mesure n'a pas été retenue dans le projet de loi 16, adopté en 2012 par l'Assemblée nationale et qui encadre les résidences pour personnes âgées.

Jean-Pierre Ouellet considère que le gouvernement a été imprudent en ignorant la recommandation du coroner. « À l'heure actuelle, la norme est d'un employé pour cent résidents, ce qui est de notre avis nettement insuffisant, comme on l'a vu dans le cas de L'Isle-Verte », affirme-t-il.

Les résidences sans but lucratif en manque d'employés

La situation est particulièrement critique en région et dans les résidences sans but lucratif. Ces dernières ne sont pas obligées d'avoir du personnel sur place pendant la nuit, en vertu de la loi actuelle.

François Vermette a été directeur général du Réseau québécois des OSBL d'habitation pendant 10 ans. Lors de son mandat, il a fait de nombreuses représentations auprès du gouvernement pour que du personnel soit fourni aux résidences sans but lucratif, qui n'ont pas les mêmes moyens que les résidences privées. « Si on veut continuer d'avoir des résidences pour personnes âgées dans les villages et dans les plus petits milieux, il faut les soutenir, sinon c'est intenable financièrement », explique-t-il.

Le gouvernement affirme être conscient des problèmes de personnel dans les résidences à l'extérieur des grands centres urbains.

D'après un reportage d'Émilie Dubreuil

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