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Déclin alarmant des bélugas dans le Saint-Laurent

Déclin de la population des bélugas dans le St-Laurent

La population de bélugas est en déclin dans le fleuve Saint-Laurent, selon des scientifiques qui s'intéressent au dossier depuis près de 30 ans.

Leur constat est alarmant : la population de bélugas, considérée comme stable depuis les dernières décennies, s'amoindrit depuis environ 10 ans. Les chercheurs ajoutent que les changements climatiques pourraient accélérer le déclin de la population de l'animal, emblème du fleuve Saint-Laurent.

Pour la première fois, les scientifiques de Pêches et Océans Canada, du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins et de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal ont mis en commun les résultats de leurs recherches. Un avis de Pêches et Océans Canada doit d'ailleurs être envoyé au cours des prochains jours.

Depuis l'interdiction de la chasse aux bélugas, en 1979, les chercheurs croyaient que cette population du Saint-Laurent s'était stabilisée et qu'elle était même en légère croissance. Mais la réalité est bien différente : le nombre de bélugas décline dangereusement. Depuis le début des années 2000, il est passé de 1100 à 900 individus.

Entrevue avec Robert Michaud, président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins du Québec

Augmentation de la température de l'eau

« Il y a un changement qui s'est opéré dans l'écosystème, lui-même. On passe d'un système qui est beaucoup plus froid, avec de bons couverts de glaces, certaines proies plus abondantes, vers un écosystème plus chaud, avec moins de couvert de glace », a expliqué la spécialiste des mammifères marins de l'Institut Maurice-Lamontagne (IML), Véronique Lesage.

En effet, les années où le fleuve Saint-Laurent s'est trouvé libre de glace coïncident avec celles où la mortalité du cétacé a été la plus élevée.

Ce bouleversement dans l'écosystème du fleuve survient alors que le troupeau de bélugas est déjà extrêmement vulnérable, précise le directeur du Groupe de recherche sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud.

« Pour l'instant, l'inquiétude est au plus haut point pour plusieurs raisons, car quand les bélugas ont entamé ce déclin-là, observé depuis 10 ans, ils étaient déjà dans une condition sous optimale. C'est une population qui a été exposée à de larges contaminants. Ce déclin survient dans une population déjà fragilisée », fait-il valoir.

L'avenir de celui que l'on surnomme le canari des mers, en raison de son chant, est plus que jamais menacé. Les effets du réchauffement du fleuve Saint-Laurent inquiètent les scientifiques.

D'après le reportage de Michel-Félix Tremblay

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