Assurance-emploi : Service Canada met dans le rouge 80 travailleurs de Matane

Les précisions de Nicole Blackburn

Plus de 80 travailleurs de l'usine des Fruits de mer de l'Est du Québec devront rembourser des milliers de dollars à Service Canada puisqu'Ottawa ne tolère plus l'alternance travail-chômage.

Depuis 1996, les employés de l'usine de Matane se relayaient de semaine en semaine : ils travaillaient sept jours d'affilée puis étaient au chômage les sept autres suivants. Quatre équipes de travailleurs fonctionnaient à ce rythme. 

« Il n'y avait pas de problème, on déclarait nos cartes de chômage et il y avait une entente avec l'assurance-emploi », explique Colombe Ouellet qui travaille depuis 36 ans à l'usine.

« On ne comprend pas, c'est un coup de masse », affirme-t-elle, encore sous le choc de la nouvelle.

Remboursement exigé

Le fédéral ne tolère plus cette pratique. Service Canada leur demande de rembourser les prestations perçues en trop depuis 2011, une somme qui pourrait varier entre 2000 et 14 000 $ par travailleur.

« On recule de deux ans. Si on nous avait dit de cesser, on aurait cessé. On a toujours pensé qu'on était dans notre bon droit.  » — Colombe Ouellet, employée

Le syndicat veut utiliser tous les recours juridiques pour empêcher que Service Canada réclame des sommes d'argent aux travailleurs.

L'usine des Fruits de mer de l'Est du Québec L'usine des Fruits de mer de l'Est du Québec

« Ce sont des emplois saisonniers, très difficiles et peu rémunérés. Qu'on vienne leur réclamer entre 2000 et 14 000 $, c'est clair qu'on ne peut pas accepter ça », s'indigne le conseiller à la Fédération du commerce à la CSN, André Cloutier.

Avec la fin de l'alternance travail-chômage, 40 employés de l'usine des Fruits de mer de l'Est du Québec se retrouvent sans travail et sur le point de terminer leurs prestations d'assurance-emploi.

D'après le reportage de Nicole Blackburn.

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