Rivière-du-Loup: Stephen Harper rattrapé par l'assurance-emploi

Rivière-du-Loup : Stephen Harper accueilli par les opposants à la réforme de l'assurance-emploi

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, qui était de passage à Rivière-du-Loup pour annoncer une aide financière à l'entreprise Premier Tech, était attendu de pied ferme par des centaines de manifestants contre la réforme de l'assurance-emploi.

Les manifestants ont été tenus à l'écart des bureaux de l'entreprise, où le premier ministre était venu annoncer qu'Ottawa accordait un prêt de plus de 9 millions de dollars pour le développement et la commercialisation de 60 nouveaux produits à base de tourbe. Selon le premier ministre, cette contribution aidera à créer et à préserver 200 emplois non seulement à Rivière-du-Loup, mais aussi à La Pocatière, Joliette et Drummondville. L'ensemble du projet est évalué à 46 millions de dollars.

Présente dans 19 pays, Premier Tech se spécialise dans les secteurs de l'horticulture, de l'agriculture, de la fabrication d'équipement d'emballage ainsi que dans le traitement des eaux.

Après cette annonce, Stephen Harper devait participer à une consultation à caractère économique en compagnie du ministre des Transports et de l'Agence de développement économique pour les régions, Denis Lebel.

Mobilisation syndicale

Parallèlement à la visite du premier ministre, une manifestation était organisée pour dénoncer la réforme de l'assurance-emploi.

Pendant ce temps, à Ottawa, deux centrales syndicales du Québec - la CSN et la FTQ - ont annoncé ce matin une grande campagne de mobilisation contre le gouvernement Harper. Les chefs syndicaux promettent de se battre contre les changements imposés par les conservateurs, jusqu'à la prochaine élection fédérale si Ottawa ne recule pas.

Les déclarations des deux centrales syndicales s'inscrivent dans la foulée des rencontres, mercredi, de différents représentants du Québec avec la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley.

Les centrales ont présenté une pétition portant 25 000 signatures qui réclame l'annulation de la réforme. Le président du conseil régional de la FTQ, Michel Ducharme, et le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, déplorent tous deux l'entêtement du gouvernement à ne pas vouloir reconnaître les effets de la réforme en région. Ils rappellent que le gouvernement n'a pas mis un sou dans la caisse de l'assurance-emploi depuis 1990.

Les chefs syndicaux demandent que les répercussions des mesures fédérales sur l'économie des régions soient analysées et ils proposent la mise sur pied d'une commission itinérante.

De son côté, le premier ministre Stephen Harper estime que l'opposition à la réforme du programme d'assurance-emploi est le résultat d'une désinformation orchestrée par les syndicats.

Le premier ministre a soutenu qu'il était faux de prétendre que son gouvernement voulait s'en prendre aux travailleurs saisonniers. Il a ajouté qu'il n'allait jamais abandonner des travailleurs dans le besoin. « Notre engagement envers l'assurance-emploi est clair, a déclaré Stephen Harper, quand des gens ont contribué à la caisse et qu'ils sont incapables de trouver un emploi dans leur région, un emploi qui utilise leurs compétences, l'assurance-emploi sera là pour ces gens. On ne change pas ça, on cherche des façons de mieux connecter les gens aux jobs. »

Le premier ministre n'a par contre manifesté aucune ouverture sur les revendications des opposants à la réforme, malgré la multiplication des manifestations depuis quelques semaines. La grogne est particulièrement importante au Québec et dans les provinces maritimes, qui comptent une bonne proportion de travailleurs saisonniers.

La grogne dans l'Est du Québec

Une centaine de manifestants ont accueilli le premier ministre Stephen Harper lors de son passage à Rivière-du-Loup, ce matin. Une centaine de manifestants ont accueilli le premier ministre Stephen Harper lors de son passage à Rivière-du-Loup, ce matin.

Selon le coordonnateur de l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) de la Péninsule, Jean-Mathieu Fortin, qui participait à la manifestation, des citoyens d'une quinzaine de municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont pris part au rassemblement de la matinée contre la réforme de l'assurance-emploi.

« Ce qu'il veut [NDLR le premier ministre], c'est fermer des paroisses et des comtés », lance un manifestant qui fait partie d'un groupe d'une trentaine de représentants venant de la région de Matane.

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