Le maire de Gaspé invite Bernard Landry à mieux s'informer 

Le maire de Gaspé, François Roussy Le maire de Gaspé, François Roussy

Le maire de Gaspé, François Roussy, a accusé l'ex-premier ministre Bernard Landry de contribuer à la désinformation en lançant des appels à la raison concernant l'exploitation pétrolière dans la péninsule.

M. Roussy a voulu corriger l'impression créée par M. Landry que les Gaspésiens se comportent comme s'ils étaient propriétaires des ressources naturelles.

« Je ne suis pas de ceux qui disent que le pétrole appartient aux Gaspésiens, a-t-il dit lors d'une entrevue. À ce que je sache les Gaspésiens sont Québécois et il y a des Québécois qui sont Gaspésiens. » Selon le maire, l'ancien premier ministre aurait dû mieux s'informer avant d'intervenir sur le sujet.

« Je ne comprends pas pourquoi il a sorti ça, a-t-il dit. Je ne sais pas quel Gaspésien a dit ça. On le cherche encore. »

L'ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry. L'ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry.

Selon M. Roussy, si la Municipalité a voté un règlement bloquant un projet de forage exploratoire de l'entreprise Pétrolia, afin de protéger son eau potable, il ne faut pas pour autant conclure qu'elle est contre cette filière.

«  M. Landry ne nous a jamais téléphoné, il ne nous a pas parlé pour aller chercher de l'information, a-t-il dit. Il écoutait ça, en ville, on dirait que Gaspé est contre le pétrole, mais c'est tout à fait le contraire, Gaspé est pour la protection de son eau potable. Il y a beaucoup de désinformation présentement et je ne parle pas juste de M. Landry.  » — Le maire de Gaspé, François Roussy

Le maire s'est d'ailleurs réjoui de nouveaux développements annoncés cette semaine par Pétrolia concernant son projet d'exploration Bourque, à 100 kilomètres de Gaspé.
Dans une entrevue accordée plus tôt cette semaine à Radio-Canada, M. Landry avait invité les écologistes Gaspésiens à être plus rationnels.

L'ancien premier ministre leur avait rappelé que les gisements de pétrole faisaient partie du patrimoine collectif du Québec et n'appartenaient pas exclusivement aux Gaspésiens.

M. Roussy a affirmé jeudi que sa région était tout à fait favorable à ce que ces ressources profitent à la société québécoise.

« Je pense qu'il faut que ça contribue au développement de notre État et on recevra notre juste part par des actions de notre gouvernement », a-t-il dit.

À l'Estérel, où sont réunis les membres du gouvernement afin de préparer la rentrée parlementaire, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a affirmé qu'elle cherchait encore le moyen pour maximiser les retombées dans les communautés où des gisements pétroliers pourraient être exploités.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet
« Il est très clair que pour l'ensemble des ressources naturelles, nous devons maximiser les retombées économiques locales. Quelle formule cela prendra, c'est à déterminer et c'est les travaux futurs qui vont nous le dire. Actuellement, c'est les retombées économiques locales et régionales que nous allons regarder. » — 

M. Roussy a soutenu que sa région souhaiterait profiter des retombées d'une éventuelle exploitation pétrolière, que ce soit sous forme de redevances ou par l'installation de centres de recherche, de formation ou administratifs reliés aux hydrocarbures.

« Ce serait le fun que ce soit installé en région, a-t-il dit. C'est dans ce sens-là qu'on dit qu'on veut avoir des retombées. »

M. Roussy a nié que le versement d'une redevance à Gaspé ait mené à l'affrontement avec Pétrolia, contrairement à ce que le président de l'entreprise, André Proulx, a soutenu après avoir décidé de se retirer temporairement de Gaspé.

Le maire a expliqué que le versement de redevances aux municipalités est une « demande historique » de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, bien que ce pouvoir de perception soit actuellement détenu exclusivement par le gouvernement québécois.

M. Roussy a déclaré que M. Proulx l'avait d'ailleurs assuré de son appui pour cette demande à Québec.

« C'était son discours pour nous charmer, a-t-il dit. Quand il a dit que j'avais été à une rencontre et que c'est moi qui en demandait et que c'est lui qui voulait pas et que là je serais devenu hystérique, j'ai dit wow: beau menteur. »

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