Saumon de l'Atlantique : une espèce qui préoccupe

Le saumon de l'Atlantique sous haute surveillance

Le déclin du saumon Atlantique s'est poursuivi au cours des 20 dernières années, et ce, malgré les mesures de conservation mises en place par les gestionnaires de rivière.

La situation est devenue à ce point inquiétante que Pêches et Océans Canada songe à soumettre l'espèce à la Loi sur les espèces en péril.

Si 2011 avait été une année de montaison exceptionnelle dans les rivières de la Gaspésie, 2012 a été décevante. Le nombre de madeleineaux, soit les jeunes saumons qui frayent pour la première fois, a fondu de 49 % par rapport 2011. Les grands géniteurs ont aussi été 38 % moins nombreux.

En fait, 2012 se compare à la moyenne des cinq dernières années avec une montaison totale de 10 481 saumons dans l'ensemble des rivières de la Gaspésie.

Le seuil minimum de conservation de l'espèce a été atteint dans neuf des seize rivières comparativement à 12 en 2011.

La biologiste de l'Institut Maurice-Lamontagne, Marthe Bérubé, admet que les raisons de la diminution des taux de survie demeurent toujours inconnues. « Il y a encore beaucoup de recherche à faire, à savoir pourquoi il y a autant de saumons qui sortent des rivières, mais aussi pourquoi peu reviennent », poursuit la biologiste qui s'occupe des espèces en péril à Pêches et Océans Canada.

Mme Bérubé mène actuellement une consultation pour mieux protéger le saumon qui fréquente les rivières du Québec et des Maritimes.

Même si les mesures de protection qui découlent de la Loi sur les espèces en péril sont parfois bien timides, la biologiste croit que cela pourrait aider le saumon Atlantique. « Ce que la loi dit, c'est qu'il faut garder un oeil dessus, qu'il faut s'en préoccuper donc faire un suivi serré sur l'ensemble des menaces qui touchent ces populations », explique Marthe Bérubé.

Le directeur de la Fédération des gestionnaires de rivières à saumon du Québec, Florent Gardenot, estime d que la démarche du ministère n'est pas mauvaise. « Mais on veut que Pêches et Océans tienne compte aussi de l'économique derrière, car la pêche aux saumons au Québec est une activité régionale qui attire beaucoup de touristes », fait valoir M. Gardenot.

Dans la majorité des rivières de la Gaspésie, la situation du saumon pourrait être jugée préoccupante.

Le saumon de l'île d'Anticosti, au nord de la péninsule gaspésienne, fait cependant figure d'exception. Le saumon pourrait être classé comme espèce en voie de disparition ce qui, selon la biologiste Marthe Bérubé, pourrait demander une réflexion sur la pêche qu'on y pratique.

La pêche sportive au saumon Atlantique génère 40 millions de dollars par années au Québec.

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