Accident à Grosses-Roches : réponse exemplaire à l'hôpital de Matane

L'hôpital de Matane a eu besoin de seulement quinze minutes pour mettre en place son équipe d'urgence à la suite de la collision entre un autobus et un camion lourd survenue, vendredi, à Grosses-Roches.

L'accident s'est produit vers 15 h 05, sur la route 132 à environ 30 minutes de route de Matane. La chaussée est glissante et la visibilité nulle par endroits.

L'autobus transporte des journalistes et leurs conjoints qui participent à un voyage promotionnel organisé par la SÉPAQ à l'Auberge de montagne des Chic-Chocs.

L'accident s'est produit à Grosses-Roches. L'accident s'est produit à Grosses-Roches.

Isabelle Raymond, chef de produit pour le réseau des centres touristiques de la SEPAQ, est du voyage. Elle est assise dans la seconde rangée. Dans une pente, un premier camion-remorque effleure l'autobus puis, raconte Mme Raymond, c'est l'impact. Un second camion vient percuter l'autobus sur le côté. « Les gens assis dans les quatre premiers bancs ont tous vu le camion arriver. Il y a des cris, des éclats de verre partout », poursuit Mme Raymond. De l'essence s'échappe de l'autobus. Les passagers sortent à l'extérieur. Des gens arrivent. Une dame va réconforter le chauffeur qui est demeuré coincé dans l'autobus.

Les premiers policiers arrivés sur place contactent les services d'urgence. Ils demandent aux passagers de réintégrer l'autobus. Les secouristes évaluent alors les blessures.

Robert Pelletier, conseiller en communications à l'hôpital de Matane, raconte que les ambulanciers donnent une première évaluation de la situation des patients sur le terrain vers 15 h 15. Ils rapporteront l'état des patients tout au cours des événements.

Tout le monde dans l'autobus a été codé vert, rapporte Mme Raymond. « Je savais que j'avais du sang dans le visage, mais je sentais que ce n'était pas très grave », commente la responsable de la SEPAQ.

Trois personnes partent en ambulance. Les autres embarquent dans un autobus scolaire. Un ambulancier les accompagne.

À l'hôpital, on se prépare.

Un coordonnateur des services des mesures d'urgence à l'hôpital de Matane Coordonnateur, services des mesures d'urgence, hôpital de Matane

Pendant ce temps à l'hôpital de Matane, un code orange, qui correspond à une arrivée massive de plusieurs personnes en même temps à la suite d'un accident, a été enclenché. « On a alors, rapporte M. Pelletier, 18 verts, un jaune, un rouge. Ça veut dire 18 personnes qui normalement ne sont pas blessées beaucoup, une personne qui va avoir besoin d'une évaluation plus sérieuse et un code rouge c'est une personne qui a des problèmes physiques. Donc, on sait à quoi s'attendre. »

Tous les employés désignés par les mesures d'urgence se dirigent vers l'hôpital. Rapidement, 16 des 24 médecins de l'hôpital sont sur place. Les laboratoires, le bloc opératoire, le service d'imagerie vont demeurer ouverts. « On a été bénis des dieux. C'est arrivé à 15 h 15 au changement d'un quart de travail, on a pu garder notre monde », relève Robert Pelletier.

La coordonnatrice des services de l'urgence et du bloc opératoire, Louise Gagné, raconte qu'elle était d'ailleurs en réunion avec d'autres responsables des mesures d'urgence au moment où l'accident arrive.

Tout le monde, les préposés aux bénéficiaires, les infirmières, les préposés à l'entretien, tous ont contribué pour accueillir les patients. Louise Gagné précise qu'en tout, une soixantaine de personnes étaient mobilisées à l'urgence en attente des patients.

Dans mon secteur, raconte-t-elle, nous avons délimité l'urgence en différentes zones, rouge, jaune et verte et puis nous avons réorienté la clientèle déjà présente vers d'autres lieux à l'intérieur de l'hôpital.

Les premiers accidentés arrivent vers 16 h 15

« Ça a été, relate François Dubé, coordonnateur des mesures d'urgence à l'hôpital de Matane, quand même assez long avant de recevoir les premiers blessés. »

C'est un élément qui a aidé les secours à coordonner leurs interventions, constate-t-il, les gens étaient en attente et ça a permis de réviser plusieurs fois si on avait tout ce qu'il fallait et ce qu'on pouvait faire de plus pour être mieux préparé.

Autobus Les Tours du Vieux-Québec Les accidentés voyageaient à bord d'un autobus nolisé de la compagnie Les Tours du Vieux-Québec

Moins de trois heures après l'accident, la majorité d'entre eux auront reçu leur congé.

Avant de quitter l'hôpital, ils ont tous pu rencontrer une équipe psychosociale qui les a écoutés et leur a donné les renseignements sur le soutien offert si, au cours des heures suivantes, ils se sentaient stressés ou angoissés.

« Ils nous attendaient de pied ferme, commente Isabelle Raymond, chaque personne a été prise en charge par une équipe qui lui était dédiée. C'était très, très bien organisé. Ça a été géré de manière exemplaire. »

Un seul blessé grave, le chauffeur, a été transféré, samedi matin, à l'hôpital de Rimouski pour recevoir des soins en orthopédie.

Autobus accidenté Autobus accidenté des Tours du Vieux Québec  Photo :  Emilie Trucotte

« On a pu vraiment tester si notre préparation était ou pas adéquate », ajoute la coordonnatrice de l'urgence, Louise Gagné.

Cette dernière rappelle que des événements de cet ordre sont exceptionnels. « Quand ça nous arrive et qu'on est préparé comme on l'était ici, c'est correct », constate Louise Gagné.

« On n'a que des bons mots pour l'hôpital de Matane, renchérit Mme Raymond, on s'est sentis attendus et pris en charge de façon extraordinaire. »

Une première à l'hôpital

C'était la première fois qu'un code orange était enclenché à l'hôpital de Matane. Ce code fait partie d'une codification internationale sur les mesures d'urgence.

Chaque code correspond à une situation spécifique; un code gris correspondra à une fuite toxique, un rouge à un incendie.

En juin dernier, l'hôpital a procédé à une simulation d'un code orange. L'exercice, rapporte M. Pelletier, s'est déroulé un samedi. Une chaîne de téléphones s'est alors mise en branle, les gens qui résident le plus près de l'hôpital sont appelés en premier. « Matane n'est quand même pas New York, on peut se déplacer quand même assez rapidement. L'expérience de juin a permis de démontrer que tout le monde peut être sur place en 15-20 minutes », observe le responsable des communications de l'hôpital.

La simulation a aussi permis de repérer et de corriger certaines failles. Les équipes étaient donc prêtes à réagir aux évènements de vendredi dernier.

Louise Gagné souligne qu'en plus, le scénario de la simulation, un accident impliquant un autobus scolaire, était très similaire à ce que son équipe a réellement vécu, vendredi. « Les simulations sont primordiales. Là, même encore, on va faire un débreffage et on va avoir encore des choses à améliorer », conclut Mme Gagné.

L'accident de vendredi a d'ailleurs mis à jour certains problèmes, souligne M. Pelletier : « On pense aux journalistes qui appellent à l'urgence, ce n'est peut-être pas une bonne idée d'appeler à l'urgence même. »

Les équipes médicales de Matane ont simulé d'autres interventions d'urgence, notamment au CLSC où deux simulations d'incendie ont été réalisées. À l'hôpital de Matane, on prévoit effectuer un ou deux exercices du genre par année.

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