Des milliers de Madelinots marchent contre la réforme de l'assurance-emploi

Le reportage de Jean-François Deschênes

Une participation record pour un enjeu considéré comme vital pour l'économie des Îles-de-la-Madeleine. Un archipel entier qui manifeste sa colère. Des milliers de Madelinots, plus de 4000 selon les organisateurs, sont descendus dimanche dans la rue pour dire au gouvernement de Stephen Harper combien ils se sentent menacés par les nouveaux règlements en matière d'assurance-emploi.

Les marcheurs bloquaient complètement la rue principale, du rarement vu aux Îles.

4000 Madelinots s'expriment

Cette manifestation s'est déroulée sous le thème « Non à l'exode des Madelinots ». Les organisateurs demandent à Ottawa de corriger la loi pour éviter le fameux « trou noir », soit une période où les chômeurs se retrouvent sans revenus, puisqu'ils ne peuvent ni toucher de prestations, ni trouver un emploi dans le tourisme ou la pêche.

Plus de 2000 des 12 000 insulaires comptent sur l'assurance-emploi pendant la période hivernale, dans cette communauté isolée au milieu du golfe Saint-Laurent.

Le programme spécial qui permettait d'ajouter cinq semaines de prestations pour contourner cette période sans revenu a été aboli par Ottawa. 

Les Madelinots ont peur pour l'avenir

Selon le porte-parole du Comité citoyen contre la réforme de l'assurance-emploi, Denis Poirier, cette réforme entraîne la migration de plusieurs familles des Îles vers le continent.

Non à l'exode
« On est en alerte à l'exode! » — Denis Poirier, porte-parole du Comité citoyen contre la réforme de l'assurance-emploi

Selon Denis Poirier, de nombreux travailleurs saisonniers ont déjà plié bagage et de nombreux autres s'apprêtent à les imiter, de crainte de se retrouver devant le fameux « trou noir ». Suzie Leblanc, membre du comité contre la réforme de l'assurance-emploi, a souligné que certains résidents des Îles-de-la-Madeleine songeaient à vendre leur maison pour pallier ce manque à gagner jusqu'à leur retraite. « Est-ce que c'est normal? » a-t-elle demandé aux manifestants.

Les Madelinots craignent pour leur économie

Une première manifestation avait rassemblé 2000 personnes à Cap-aux-Meules, le 3 novembre dernier.

Le député néo-démocrate de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, a lancé un appel à poursuivre les manifestations, estimant qu'il n'était pas trop tard pour que le gouvernement recule. Il a souhaité qu'un grand rassemblement de représentants de toutes les régions du pays ait lieu en février ou en mars à Ottawa.

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