Gaspésie-Les Îles : la pénurie de pharmaciens atteint des sommets

Des pharmaciens au travail Des pharmaciens au travail (archives)  Photo :  Radio-Canada

Sur les 21 postes de pharmaciens d'établissements en Gaspésie et aux Îles, 11 sont vacants, soit plus de 50 %. C'est la région la plus gravement touchée par la pénurie de pharmaciens qui touche l'ensemble des régions du Québec.

Comparativement, il manque 34 % de pharmaciens d'établissements sur la Côte-Nord et 25 % au Bas-Saint-Laurent.

Le directeur général du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Haute-Gaspésie, Bertin Riverin, est bien au fait des problèmes occasionnés par cette pénurie de professionnels.

Les deux postes de pharmaciens de l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts sont occupés par des pharmaciens itinérants. Le service est là, indique M. Riverin, mais les pharmaciens dépanneurs ont généralement moins de temps à consacrer aux conseils. « Ce qui est très important dans un milieu comme le nôtre », souligne le directeur du CSSS de la Haute-Gaspésie.

En plus du coût supplémentaire payé par le CSSS, les services d'un pharmacien dépanneur sont estimés à plus de 1000 $ par jour, l'hôpital ne peut plus assurer certains services.

Depuis la fin du mois d'août, l'absence de pharmacien permanent à Sainte-Anne-des-Monts a mené à la suspension temporaire du service d'oncologie. « Ça fait déjà plusieurs mois que les citoyens de notre communauté, de la Haute-Gaspésie, doivent se rendre régulièrement à Rimouski pour recevoir leurs médicaments », admet M. Riverin.

Une entente de service avec le centre hospitalier de Rimouski-Neigette permettra le retour du service en Haute-Gaspésie en janvier 2013.

Au Québec, il manque 296 pharmaciens à temps complet, soit 24 % des effectifs prévus. Les difficultés de recrutement ont été au cours des années attribuables au fait que les pharmaciens d'établissement étaient moins bien rémunérés que les pharmaciens salariés du secteur privé.

De plus, les pharmaciens d'établissements doivent détenir une maîtrise pour pratiquer, ce qui n'est pas nécessairement une exigence dans le secteur privé.

Le président de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec, Charles Fortier, croit que la situation s'améliorera grâce à la nouvelle entente de travail qui est entrée en vigueur le 23 septembre dernier. « Pour la première fois depuis 15 ans, il y a un espoir », commente Claude Fortier.

Il faudra toutefois, ajoute-t-il, attirer un nombre suffisant de finissants du 1er cycle vers la maîtrise en pharmacothérapie avancée.

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