Gaspésie : des moules fraîches, fraîches, fraîches

Cueillette de moules dans la baie de Gaspé Cueillette de moules dans la baie de Gaspé  Photo :  Martin Toulgouat

Des moules récoltées dans la baie de Gaspé prennent le chemin de la poissonnerie aussitôt débarquées du bateau.

Un producteur de Gaspé vient d'acquérir un équipement qui lui permet de trier, de nettoyer et d'ensacher les moules directement sur son bateau. Acheté près de 500 000 $ avec l'aide financière de Pêches et Océans Canada, ce nouvel équipement de conception norvégienne est unique au pays.

Moules de Gaspé a aussi acheté deux barges pour les viviers et si nécessaire, la décontamination des moules.

Les moules restent ainsi le plus longtemps possible dans l'eau salée. Ce bateau usine lui permet de tripler sa production.

Le propriétaire de Moules de Gaspé, Jacques Dufresne, estime être en mesure d'ensacher de 4000 à 5000 livres de moules par jour. « Ce qui est quand même exceptionnel pour une entreprise de notre grosseur », ajoute M. Dufresne.

Cet automne, les conditions sont favorables et la moule est au rendez-vous. Le propriétaire de Moules Gaspé estime que la baie de Gaspé est un lieu exceptionnel pour la culture des crustacés comme les moules ou le pétoncle.

« C'est incroyable, c'est une baie qui est à l'abri, riche en nourriture. On est capable de manoeuvrer sans danger. Je pense qu'elle a tous les atouts », fait valoir l'homme d'affaires.

Selon Gérald Fortin, poissonnier à Gaspé, les consommateurs disposeront d'un produit de meilleure qualité.

« Une moule commence déjà à perdre de la qualité dès qu'elle sort de l'eau parce que l'eau, c'est son élément naturel. Quand ça fait quatre ou cinq jours qu'elle n'est plus dans cet élément-là, elle a beaucoup moins de prestance », explique M. Fortin.

La culture des moules est encore une industrie marginale en Gaspésie comparativement à celle des provinces maritimes.

Une industrie à bâtir

Moules Une récolte de moules (archives).

Il se consomme environ 10 millions de livres de moules chaque année au Québec, mais seulement 1 million vient de la mariculture québécoise, qui demeure une industrie fragile. Terre-Neuve, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse règnent sans inquiétude sur les marchés.

Cet automne, l'entreprise Moules de Gaspé écoule sa récolte. C'est le fruit de trois ans de travail. Ça prendra trois autres années avant qu'à nouveau le mollusque soit à maturité. Ces trois ans sans revenu n'inquiètent pas les deux fils de Jacques Dufresne qui reprennent, les rênes de l'entreprise. Leur nouvel équipement leur permettra à terme d'être plus efficaces.

« Ces machines, en fait, c'est ce qu'on attendait pour pouvoir aller plus loin, raconte Jacques Dufresne Jr, pour pouvoir faire toutes les manipulations, pour pouvoir ramasser la petite moule qu'on ne peut pas vendre, pour la remettre en élevage. C'est de s'occuper mieux des naissains. Ce sont toutes des choses qui vont augmenter notre productivité. »

Leur objectif : réussir enfin à percer le marché.

Des moules fraîches du bateau à la poissonnerie