Gaspésie : l'hôpital de Chandler plaide pour le maintien de l'aéroport

Le reportage de Bruno Lelièvre

L'Hôpital de Chandler considère que le maintien de l'aéroport de Grande Rivière est essentiel aux services de santé régionaux; il demande l'intervention de Québec pour préserver les installations.

Aucun transporteur régional ne dessert l'aéroport actuellement. Seul l'avion ambulance du gouvernement du Québec y atterrit.

Ce manque d'achalandage, combiné avec le mauvais état des infrastructures, fait peser une lourde menace sur l'avenir des services. La piste est en piteux état depuis un certain temps déjà, et une étude commandée par la MRC conclut que la présence de fissures représente un risque pour la sécurité.

Même si elle a reçu l'assurance que les installations aéroportuaires resteront ouvertes durant l'hiver, la direction de l'Hôpital de Chandler n'est pas rassurée pour autant.

Une facture salée

Transports Canada doit inspecter la piste au cours des prochains jours, et les élus de la municipalité régionale de comté (MRC) Rocher-Percé, l'organisme propriétaire de l'aéroport, savent déjà que la facture sera salée.

Selon une évaluation sommaire, la mise à niveau de l'aéroport coûterait 3,2 millions de dollars. La MRC ne peut pas engager une telle somme pour des travaux, d'où l'appel à l'aide lancé au gouvernement québécois.

Selon le quotidien Le Soleil , la préfète de la MRC du Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, aurait déclaré qu'une décision sur le sort de l'aéroport pourrait être prise « avant l'hiver ». Toujours selon Mme Lebouthillier, jusqu'à présent, les appels lancés par le conseil des maires n'auraient permis d'obtenir qu'une aide potentielle de 313 000 $ de Transports Québec.

Un service indispensable

Même boudé par les transporteurs privés, l'aéroport demeure nécessaire, répète Isabelle Hébert, une spécialiste en médecine interne à l'Hôpital de Chandler. Selon elle, l'avion est un service essentiel pour les malades qui doivent être transférés d'urgence.

Dans cette région où les motoneiges et les véhicules à quatre roues sont rois, les accidents sont fréquents et peuvent être très graves. Dans ces situations, rappelle la Dre Hébert, « c'est une question de minutes. ».

L'argent ne devrait pas être la seule composante de l'équation, selon elle : « On peut l'accumuler assez rapidement avec certains budgets discrétionnaires », croit-elle.

avion-ambulance (Archives)

L'Hôpital de Chandler utilise l'avion ambulance environ 300 fois par année. L'aéroport est situé à moins de 15 minutes de route. C'est de loin la solution la plus rapide pour les cas urgents.

Les autres aéroports de la région, ceux de Bonaventure et Gaspé, sont à plus d'une heure de distance. Ce délai supplémentaire peut faire la différence entre la vie et la mort, soutient la directrice générale du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Rocher-Percé, Chantal Duguay.

La direction du CSSS comprend d'ailleurs mal pourquoi le maintien des infrastructures de transport est si difficile en Gaspésie. Mme Duguay rappelle que ce n'est pas seulement l'aéroport qui vit une période critique, le transport ferroviaire est lui aussi en danger.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, sera de passage dans la région lundi. Les élus et les intervenants en santé ont bien l'intention de le convaincre que le coût en vies humaines d'une fermeture de l'aéroport dépasse largement les sommes nécessaires à son maintien.

D'après un reportage de Bruno Lelièvre

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