Le polyamour de plus en plus populaire dans la région de Vancouver

Une femme polyamoureuse enlace deux hommes La polyamorie est l'amour à plusieurs  Photo :  RADIO-CANADA/Benoît Ferradini

Quand les relations monogames s'avèrent un échec, il semble que de plus en plus de personnes se tourneraient vers l'amour au pluriel, ou le polyamour. Au Canada, selon l'Institut canadien de recherche sur le droit et la famille, c'est en Colombie-Britannique que ces familles plurielles s'installeraient en plus grand nombre.

Un texte de Julie LandryTwitterCourriel

La polyamorie existe depuis plusieurs décennies, mais les médias de masse commencent à en parler davantage depuis quelques années. Il s'agit de personnes qui s'engagent dans de nombreuses relations romantiques et intimes au su de tous les partenaires impliqués.

La coach en relations, Mel Mariposa, se décrit comme étant une polyamoureuse célibataire La coach en relations, Mel Mariposa, se décrit comme étant une polyamoureuse célibataire  Photo :  RADIO-CANADA/Julie Landry

Il ne faut pas confondre le polyamour avec le « lifestyle », mot moderne pour échangisme, où les couples amoureux vivent des relations purement sexuelles avec d'autres personnes. À ne pas confondre non plus avec polygamie, le mariage multiple, souvent religieux, illégal au Canada.

Selon Mel Mariposa, polyamoureuse, blogueuse et coach en relations à Vancouver, il est tout à fait possible d'être amoureux de plus d'une personne. « On aime déjà plusieurs personnes quand on est monogame, comme notre partenaire, nos parents, notre soeur, notre amie ou nos enfants », note-t-elle.

« La différence, avec le polyamour, c'est se donner le droit d'aimer plusieurs personnes de façon romantique et intime. » — Mel Mariposa, coach en relation

Les relations peuvent prendre plusieurs formes, selon ce que le couple préfère. Il peut s'agir, par exemple, d'une triade, d'un couple primaire avec deux partenaires secondaires ou de plusieurs personnes qui emménagent ensemble.

Pas facile la polyamorie

Renée Lanctot, sexologue à Vancouver, vit elle même dans le « lifestyle » Renée Lanctot, sexologue à Vancouver, vit elle même dans le « lifestyle »  Photo :  RADIO-CANADA/Julie Landry

Si la polyamorie devient de plus en plus à la mode, selon Mel Mariposa, ça ne veut pas dire que c'est un style de vie facile pour autant. « Plus il y a de personnes impliquées, plus c'est compliqué », a expliqué la coach en relation lors d'une première conférence sur le polyamour présentée récemment à Vancouver.

La sexologue de Vancouver Renée Lanctot, elle, trouve cela trop difficile de partager son conjoint avec une autre femme de laquelle il serait amoureux, mais n'a aucun problème à le voir avoir une relation sexuelle avec d'autres personnes, devant elle. « La règle dans notre couple, c'est qu'on a le droit de se tromper, mais dans la même salle », explique-t-elle.

Malgré tout, elle croit que le polyamour ou le « lifestyle » valent la peine d'être explorés, mais à une condition: « Si tu n'as pas une bonne communication, oublie ça, ça ne marchera pas », explique celle qui aide les couples à vivre une sexualité épanouie.

Vancouver, Polyville?

Le polyamour reste encore un concept tabou en général, mais de moins en moins dans la région de Vancouver. « Quand j'ai déménagé à Vancouver, il y a quatre ans, j'ai rebaptisé le quartier East Vancouver en l'appelant Polyville », raconte Mel Mariposa en riant.

Elle se réjouit de voir qu'elle peut se promener main dans la main dans la rue avec un de ses partenaires qui tient la main à un autre partenaire, sans faire sourciller. Elle souhaite que cette ouverture puisse se propager partout dans le monde entier.

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