GNL : la lenteur de la C.-B. profite aux États-Unis et à l'Australie

Une représentation du projet de gaz naturel liquéfié LNG Canada à Kitimat en Colombie-Britannique. Une représentation du projet de gaz naturel liquéfié LNG Canada à Kitimat en Colombie-Britannique.  Photo :  LNG Canada

Le retard dans le développement des infrastructures pour commercialiser le gaz naturel liquéfié (GNL) de la Colombie-Britannique pourrait favoriser des pays comme les États-Unis et l'Australie, croit le chercheur Philip Cross qui travaille au sein de groupes de réflexion canadiens dont l'Institut Macdonald-Laurier et la Resource Works Society.

« Le monde n'attendra pas après le Canada et la Colombie-Britannique. Si rien ne bouge ici, les investisseurs vont aller construire leurs terminaux pour le gaz naturel liquéfié ailleurs. » — Philip Cross, chercheur principal, Institut Macdonald-Laurier

Le discours du Trône des libéraux le 9 février dernier n'a pas mis en lumière le développement du GNL. Le gouvernement de Christy Clark, qui misait fort sur cette ressource naturelle pour fouetter l'économie de la province, explique avoir dû freiner ses ambitions en raison du faible prix actuel du gaz naturel.

En 2011, les libéraux étaient sûrs que la province puisse construire un pipeline et avoir un terminal en exploitation à Kitimat en 2015. Ils prévoyaient que l'industrie du GNL créerait 100 000 emplois. Une vision qui s'est estompée dans le plus récent discours du Trône.

Philip Cross croit que le processus réglementaire entourant le GNL a mis trop de temps à se concrétiser et que la province a piétiné avant de finaliser le régime fiscal alloué à l'industrie.

La Colombie-Britannique ne s'est pas pressée alors que d'autres pays ont réagi rapidement, selon Philip Cross qui travaille également à la Resource Works Society à Vancouver.

« L'Australie a construit des terminaux et les États-Unis semblent mettre leurs plans à exécution plus efficacement que nous », dit-il. « Pendant qu'on discute, qu'on débat ici et là, les États-Unis ont construit un terminal, il est prêt, et quatre autres vont suivre », ajoute-t-il.

Christy Clark éternelle optimiste

Le projet de construction du terminal de Kitimat a été mis en veilleuse le mois dernier après que la compagnie Royal Dutch Shell ait reporté sa décision quant à son dernier versement.

Lors d'une entrevue à la radio de CBC le 6 février, la première ministre Christy Clark a dit que la décision de Shell d'attendre avant de déposer son chèque final était mieux que de retirer sa contribution.

« Le succès n'est pas pour ceux qui abandonnent, surtout dans cette économie féroce. » — Christy Clark, première ministre, Colombie-Britannique

Opposition environnementale

L'Agence canadienne d'évaluation environnementale s'inquiète des effets qu'aurait un terminal de gaz naturel liquéfié à Prince Rupert.

Elle croit que le terminal de 36 milliards de dollars augmenterait les émissions de gaz à effet de serre. Dans un rapport, elle mentionne qu'il entraînerait des émissions de 5,28 tonnes de dioxyde de carbone chaque année.

La première ministre Chrity Clark dit depuis longtemps que la province a la possibilité de développer le gaz naturel liquéfié le plus propre de la planète. Elle a même fait valoir qu'il permettrait de combattre la pollution.

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