La commission de vérité et réconciliation

Pensionnats autochtones dans le Nord : des dossiers incomplets sur les morts

Des élèves d'un pensionnat autochtone au Canada font une prière avant leur repas. Des élèves d'un pensionnat autochtone au Canada font une prière avant leur repas.

La mortalité à l'intérieur des pensionnats autochtones a également frappé les établissements du nord du Canada, mais il est difficile de savoir à quel point, soutient une chercheuse de la Commission de vérité et réconciliation.

Après avoir dévoilé qu'au moins 3000 enfants avaient péri, surtout à cause de la tuberculose, dans les pensionnats au cours de leur existence, la chercheuse Alex Masss souligne qu'au moins 300 jeunes ont connu un tel sort dans l'ensemble des pensionnats du Nord canadien, dont 45 au Yukon.

La gestionnaire de recherche du Missing Children Project (« projet enfants disparus ») explique qu'après avoir consulté des dossiers de cimetières et des millions d'autres documents, son équipe peut maintenant prouver qu'un enfant sur 50 ayant été forcé de fréquenter un pensionnat n'en est jamais revenu vivant.

Elle indique toutefois que les documents sont incomplets et que dans certains cas, son équipe a pu prouver qu'ils étaient erronés.

Mme Maass dit que les documents officiels ne rendent pas compte de tous les corps d'enfant enterrés dans les cimetières des pensionnats et ajoute que le problème est apparent dans des écoles nordiques comme celle à Fort Providence, dans les Territoires du Nord-Ouest.

« Il existe un grand cimetière lié à l'école Fort Providence où l'on estime qu'il y a près de 300 personnes, des enfants pour la plupart », a-t-elle expliqué. « Ça ne concorde pas. Ce que nous constatons sur le terrain ne concorde pas avec la documentation. »

La plupart des enfants sont morts de maladie, mais plusieurs ont perdu la vie en se noyant, dans des incendies ou dans d'autres accidents, dit Mme Maass.

Dans les années 1990, des milliers de victimes ont poursuivi les communautés religieuses qui dirigeaient les 140 pensionnats ainsi que le gouvernement du Canada. Une entente de 1,9 milliard de dollars conclue en 2007 a mis un terme aux poursuites, entraîné des excuses du premier ministre Stephen Harper et la mise sur pied de la Commission de vérité et réconciliation.

Les enquêteurs, qui agissaient pour le compte de la Commission, ont passé au peigne fin plus d'un million de documents gouvernementaux et d'autres archives pour préparer leur rapport.