Mineurs chinois en C.-B. : les CV rejetés incrimineraient l'entreprise

mine Tumbler Ridge

Une compagnie minière qui avait obtenu des permis pour faire appel à 201 travailleurs temporaires chinois a rejeté plusieurs candidats canadiens qui avaient des compétences exemplaires, y compris une personne cumulant 30 ans d'expérience, affirment deux syndicats, après avoir examiné des centaines de candidatures rejetées.

Ces syndicats contestent devant les tribunaux les prétentions de l'entreprise HD Mining, selon lesquelles il n'y avait pas suffisamment de Canadiens qualifiés ou souhaitant travailler au projet de mine de charbon de Murray River, près de Tumbler Ridge, dans le nord de la Colombie-Britannique.

Au dire des syndicats, les Canadiens auraient dû avoir la priorité pour occuper ces emplois, alors que la compagnie soutient qu'elle a été forcée de faire appel à des travailleurs temporaires.

Pour les centrales syndicales, les candidatures rejetées constituent la preuve de leurs prétentions.

Les deux syndicats, représentant des ingénieurs, des travailleurs de la construction et des travailleurs spécialisés, ont lutté pendant des semaines devant la justice avant que la compagnie accepte de déposer environ 300 curriculum vitae, à la suite d'une ordonnance de la Cour fédérale.

Les syndicats exigent une révision judiciaire de la décision d'Ottawa de délivrer des permis pour faire appel aux travailleurs chinois.

HD Mining n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

Dans une déclaration transmise le mois dernier, le président de la compagnie a cependant répété l'affirmation de l'entreprise selon laquelle les permis avaient été demandés et obtenus du gouvernement fédéral « puisque nous avions été incapables de trouver des Canadiens qualifiés et qui souhaitaient accomplir ce travail ».

La minière a par ailleurs soutenu qu'elle avait déployé d'importants efforts de recrutement, en vain. La compagnie a également annoncé la semaine dernière le renvoi de 16 travailleurs chinois déjà à l'oeuvre, en raison des problèmes juridiques et des coûts qui y sont liés. HD Mining a aussi indiqué qu'elle n'embaucherait plus pour l'instant de travailleurs étrangers.

L'affaire a par ailleurs suscité un réexamen à Ottawa du programme canadien de travailleurs étrangers temporaires.