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30 ans de Yukon Quest

Dans cette photo du 7 février 2012, Misha Pedersen et ses chiens remontent la rivière Yukon gelée, après avoir quitté l'étape de Circle City en Alaska, durant la course internationale de traîneau à chiens Yukon Quest. Dans cette photo du 7 février 2012, Misha Pedersen et ses chiens remontent la rivière Yukon gelée, après avoir quitté l'étape de Circle City en Alaska.

C'est le départ, le samedi 2 février, de la trentième Yukon Quest, reconnue comme la course internationale de traîneau à chiens la plus difficile au monde.

L'événement annuel est devenu une véritable légende pour les adeptes de ce sport. Son parcours s'étend sur 1600 kilomètres entre Whitehorse, au Yukon et Fairbanks, en Alaska.

Lorsqu'ils se trouvent loin des neuf points d'arrêt, les conducteurs de traîneau sont livrés à eux-mêmes. La préparation est donc primordiale pour les participants, du plus novice aux plus expérimentés.

Normand Casavant, un pilote d'attelage (musher), prépare son équipe depuis trois ans. « C'est ma 26e année, là, dans le monde du chien de traîneau, pis les toutes premières années je m'y intéressais déjà, à la Yukon Quest », explique-t-il.

Il en sera à son 3e départ, bien moins que les 26 participations de Frank Turner, véritable légende du Yukon Quest. Aujourd'hui, les quelque 130 chiens de M. Turner ne s'élancent plus sur de longues distances, mais se prêtent plutôt aux balades, pour le plus grand plaisir des touristes, surtout japonais.

Carte de l'itinéraire que suivront les participants de la course internationale de traîneau à chiens Yukon Quest 2013, de Whitehorse, au Yukon, à Fairbanks, en Alaska. Carte de l'itinéraire que suivront les participants de la course internationale de traîneau à chiens Yukon Quest 2013, de Whitehorse, au Yukon, à Fairbanks, en Alaska.

Des chiens infatigables

Il y a trente ans, le Yukon Quest se voulait une course accessible aux chenils amateurs ou traditionnels autochtones, raconte M. Turner. Les participants devaient transporter de grandes quantités de nourriture et d'équipement puisque les points d'arrêt étaient beaucoup moins nombreux. Les plus rapides pouvaient prendre jusqu'à 14 jours pour gagner la ligne d'arrivée.

En 1995, M. Turner a établi un nouveau record, en traversant la ligne d'arrivée en à peine 10 jours. L'exploit est maintenant devenu la norme.

« Avant, quand nous étions vraiment, vraiment fatigués, nous pensions que les chiens étaient aussi vraiment, vraiment, fatigués. Maintenant, quand vous êtes fatigué, vous n'avez qu'à vous endormir sur votre traîneau et les chiens continuent de courir. » — Frank Turner, 26 fois participant au Yukon Quest

Les meneurs de chiens ont ensuite adapté les traîneaux, et plusieurs sont maintenant munis d'un banc rétractable.

Organisation et sacrifices

Le budget du Yukon Quest est d'un million de dollars. Huit cent bénévoles assurent son bon fonctionnement. Y participer demande une organisation et un investissement monstre, tant pour les organisateurs que pour les participants.

Normand Casavant y a investi quelque 20 000 $, en plus des 25 000 $ par année pendant quatre ans pour nourrir ses chiens. Cela fait plus de 100 000 $, uniquement pour atteindre la ligne de départ.

Ses sacs de ravitaillement, dont il aura besoin dans chacun des points d'arrêt, contiennent nourriture, bottines, vêtements de rechange pour lui et habits de protection pour les chiens, harnais de rechange et patins pour le traîneau en fonction de la température. Les participants ne doivent rien oublier, car ils n'ont pas le droit de recevoir d'aide.

Yukon Quest 2009 Wayne Hall prend un virage avec son traîneau à chien sur la rivière Taknini lors du Yukon Quest en 2009.  Photo :  PC/Eric Engman

Les sacs sont ensuite expédiés aux neuf points d'arrêt par une compagnie de transport, un moment fort pour l'organisation de la course, qui compte une équipe du côté du Yukon et une autre du côté de l'Alaska.

« En moyenne, chaque année, c'est 45 000 livres de sacs de bouffe à chiens. Par exemple, un de nos mushers a 81 sacs. 81 sacs! C'est énorme! C'est souvent les [novices], ils ne savent pas trop dans quoi ils s'embarquent, ils ont peur, ils amènent ben du stock. Les vétérans ont tendance à savoir exactement de quoi ils ont besoin. » — Marie-Sylvestre Bélanger, directrice du bureau du Yukon, Yukon Quest

D'après un reportage de Claudiane Samson

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