Naufrage du Queen of the North : la cour entend parler de la « boîte à mensonge »

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Queen of the North Image du traversier submergé Queen of the North.  Photo :  Bureau de la sécurité des transports du Canada

Un instrument crucial de navigation à bord du traversier qui s'est échoué au large de la Colombie-Britannique en 2006 était appelé la « boîte à mensonge », a-t-on entendu mardi au procès de l'homme qui était à la barre du Queen of the North.

L'officier de navigation Karl Lilgert subit son procès en Cour suprême à Vancouver pour deux accusations de négligence criminelle ayant causé la mort. La nuit du 22 mars 2006, son traversier s'est échoué contre l'île Gil dans le nord de la province. Deux personnes n'ont pas été retrouvées et on croit qu'elles ont disparu avec le bateau.

Le bateau était la propriété de la société BC Ferries. Celle-ci a renvoyé Karl Lilgert en 2007. Il a plaidé non coupable à ses accusations.

Une avocate de la défense, Nancy Adams, a évoqué des plaintes de membres d'équipage, relativement au système électronique de visualisation des cartes marines (SEVCM), qui permet de situer un navire sur des cartes marines électroniques.

Durant le contre-interrogatoire de Ross Bowen devant la cour de première instance, un officier supérieur qui a navigué pour BC Ferries durant plus de 30 ans, l'avocate a affirmé que le dispositif avait la réputation de ne pas être fiable.

« Connaissez-vous l'expression "boîte à mensonge", qu'utilisaient des gens sur le pont », a-t-elle demandé. « Non », a répondu M. Bowen.

« Trop lumineux »

En déclaration d'ouverture de la défense la semaine dernière, l'avocat Glen Orris disait au jury que le dispositif était souvent inexact, indiquant parfois que le bateau était sur terre, alors qu'il voguait selon son trajet.

Mardi, sa collègue a aussi relaté que certains parmi l'équipage trouvaient le SEVCM trop lumineux, surtout le soir, car la lueur rendait la visibilité difficile dans la noirceur. Cela amenait certains membres d'équipage à diminuer la luminosité de l'écran, au point qu'il ne devenait plus lisible, a déclaré Me Adams.

M. Bowen a admis que la luminosité était un problème persistant et que différents équipages sur divers bateaux l'abaissaient presque complètement. Le témoin a indiqué que le système n'est plus utilisé par BC Ferries dans ses routes dans le nord, et qu'il a été remplacé par un nouveau dispositif.

Le SEVCM sera également un élément de preuve clé plus tard dans le procès. Des données tirées du dispositif seront utilisées pour reconstituer le trajet du traversier, la nuit de son naufrage.

D'autre part, M. Bowen a témoigné pour dire que le Queen of the North s'était fait installé un nouveau radar et un interrupteur différent pour activer et désactiver le pilotage automatique. Selon lui, il n'y a pas eu de formation formelle pour s'assurer que l'équipage sache comment utiliser le nouvel équipement, ni d'essai pour s'assurer qu'ils connaissaient les nouvelles procédures pour cet équipement.