Sécheresse en N.-É. : les puits d'environ 200 familles toujours à sec

Sécheresse en N.-É. : les puits d'environ 200 familles toujours à sec

Les puits de centaines de personnes sont toujours à sec dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Certains d'entre eux le sont même depuis près de trois mois.

Un texte d'Olivier LefebvreTwitterCourriel

La municipalité travaille de concert avec la province pour se préparer dans le cas où ces citoyens manqueraient toujours d'eau cet hiver, assure le directeur général de la municipalité d'Argyle, Alain Muise.

« Ce scénario pourrait être catastrophique », s'inquiète le résident de Pointe-du-Sault, Leland Doucet.

Le plus important serait de trouver une nouvelle façon d'entreposer de l'eau pour ceux dont le puits est à sec, explique Alain Muise.

« L'eau potable, ce n'est pas un problème. C'est plutôt l'eau non potable nécessaire pour les tâches ménagères qui pose problème, parce qu'aussitôt que ça gèle, ça réduit notre possibilité à aider les gens. » — Alain Muise, directeur général, municipalité d'Argyle

L'eau utilisée pour les tâches ménagères est actuellement entreposée dans des bacs à poissons, mais cette eau gèlera si le mercure descend sous zéro. La municipalité se prépare donc à une telle éventualité.

L'accès aux douches de certaines écoles et de certains centres communautaires sera maintenu aussi longtemps qu'il le faudra, ajoute-t-il. Le creusage de puits publics sera aussi considéré dans le cas où la sécheresse se poursuivrait durant la saison froide.

Les effets de la sécheresse sont encore perceptibles dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les effets de la sécheresse sont encore perceptibles dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.  Photo :  Radio-Canada/Olivier Lefebvre

L'entraide ne s'essouffle pas

Au plus fort de la crise le mois dernier, les puits d'environ 500 ménages étaient à sec. La situation s'est donc améliorée puisque plus de la moitié d'entre eux ont retrouvé de l'eau dans leurs puits dans les dernières semaines.

Il faudra cependant encore beaucoup de pluie pour que la situation se résorbe. Entre-temps, les citoyens s'aident encore entre eux.

Arnold d'Eon fournit de l'eau à une dizaine de ses voisins de Pubnico-Ouest depuis environ trois mois et il est prêt à continuer le temps qu'il faut.

« Moi j'ai de l'eau pour tout le village », lance-t-il en riant. Avec l'eau de son puits artésien, il pourrait fournir de l'eau à encore plus de résidents dans le besoin. Jusqu'à 25 familles, estime-t-il.

« Ils sont contents de me voir. Si c'est juste ça que ça prend pour rendre les gens heureux, alors ça me fait plaisir », ajoute le bon samaritain.

L'aide du gouvernement provincial critiquée

Le puits de Leland Doucette est resté à sec pendant près de deux mois. Ce résident de Pointe-du-Sault n'a pas trouvé ça facile.

Malgré l'aide de sa communauté, il s'est senti délaissé par le gouvernement provincial.

« On dirait qu'il faut une grosse catastrophe, une grosse crise, pour que quelque chose se passe, pour que quelqu'un se dise que les gens d'ici ont besoin d'aide. » — Leland Doucette, résident, Pointe-du-Sault

Ce résident a profité des bouteilles d'eau potable offertes par l'Organisation des mesures d'urgence de la Nouvelle-Écosse et la municipalité d'Argyle, mais il s'agit, selon lui, que d'un « pansement sur la plaie. » 

Le résident de Pointe-du-Sault, Leland Doucette, est critique à l'égard de l'aide du gouvernement provincial. Le résident de Pointe-du-Sault, Leland Doucette, est critique à l'égard de l'aide du gouvernement provincial.  Photo :  Radio-Canada/Olivier Lefebvre

« Ce n'est pas ça qui a mis de l'eau dans mon puits. J'ai transporté de l'eau et mon corps en a souffert », ajoute l'homme de 70 ans.

D'autres résidents ont pour leur part été plus chanceux. Basile et Jeanelle d'Entremont ont manqué d'eau pendant environ trois semaines. « Ce n'était pas pénible, mais c'est du temps qu'on aurait utilisé autrement », confie l'homme.

Ce couple de Pubnico-Ouest explique par ailleurs avoir pris conscience de la valeur de l'eau et affirme son intention de faire des efforts pour en économiser. 

Le directeur général de la municipalité d'Argyle, Alain Muise Le directeur général de la municipalité d'Argyle, Alain Muise  Photo :  Radio-Canada/Olivier Lefebvre

La municipalité en tire des conclusions

De son côté, le directeur général de la municipalité d'Argyle dresse déjà un constat de cette crise.

« Il y a des infrastructures qui peuvent certainement être améliorées, particulièrement dans certains villages plus isolés », dit-il. 

Certains de ces villages n'ont pas accès à des points d'eau ou à des douches à proximité dont l'existence devient importante en temps de crise.

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