Ottawa n'ajoutera pas le thon rouge à la liste des espèces menacées

Un thon rouge Un thon rouge  Photo :  Chris Park/Associated Press

Pêches et Océans Canada n'ajoutera pas le thon rouge à la liste des espèces en péril, au grand soulagement des pêcheurs commerciaux de la côte est.

Le ministère estime que les stocks de thon rouge de l'Atlantique Ouest sont en reconstruction depuis 2011. C'est cette année-là que le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada avait recommandé que le thon rouge soit classé comme une espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Cette désignation aurait rendu la pêche illégale et signé l'arrêt de mort d'une industrie de pêche qui vaut 10 millions de dollars en Atlantique.

Glenn MacKenzie, de l'Association des pêcheurs de thon de la Nouvelle-Écosse, se dit heureux de la décision du ministère. Il est l'un des 135 pêcheurs qui traquent le thon du côté néo-écossais du golfe du Saint-Laurent.

« La science a démontré que le stock se rétablit, qu'il devient plus abondant et durable », affirme-t-il.

12 espèces en péril

Lundi, le gouvernement fédéral a dévoilé une liste de 12 espèces aquatiques dont l'inscription à la liste des espèces en péril est proposée. Le thon rouge en est absent, contrairement à d'autres espèces dont des groupes écologistes ont réclamé la protection, comme la tortue luth et le béluga.

Pêches et Océans Canada était conscient que l'ajout du thon rouge à cette liste aurait eu un « coût socio-économique important » pour les pêcheurs commerciaux.

Un thon rouge est déchargé d'un bateau à Shippagan, au Nouveau-Brunswick. Un thon rouge est déchargé d'un bateau à Shippagan, au Nouveau-Brunswick.  Photo :  Radio-Canada/Pierre Cotton

Au Canada Atlantique, il y a 645 permis de pêche commerciale au thon rouge et 57 autres pour la pêche sportive.

La valeur des débarquements de thon rouge dans la région varie de 6,6 à 8,7 millions de dollars par année. La pêche sportive au thon rapporte quant à elle près de 2 millions de dollars.

Dans l'analyse qu'il a publiée dans la Gazette du Canada, le ministère prévoit que les stocks de thon rouge vont continuer à se raffermir même en considérant les quotas de pêche actuels.

Il estime d'autre part qu'une inscription à la liste des espèces menacées n'aurait pas nécessairement permis de protéger le thon rouge puisque la commission internationale qui gère les stocks de thon rouge de l'Atlantique Ouest aurait tout simplement pu accorder le stock capturé par les pêcheurs canadiens à des pêcheurs d'autres pays membres.

Des écologistes déçus

Un groupe écologiste de la Nouvelle-Écosse critique toutefois la décision. Selon le Centre d'action écologique d'Halifax, il n'y a que 50 % de chances que le stock de thon rouge se maintienne au niveau actuel ou augmente selon certaines estimations..

« On dirait qu'ils [les gens du ministère] vont tout simplement maintenir le statu quo [...] et je trouve cela inacceptable », affirme Heather Grant.

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique doit réévaluer le stock le mois prochain et réviser les quotas de pêche en novembre.

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