Le père d'un enfant autiste appuie une révision de la politique d'inclusion en classe au N.-B.

École (archives).

Un militant pour l'autisme se réjouit de voir que l'Association des enseignants du Nouveau-Brunswick va demander une révision de la politique provinciale sur l'inclusion. Cette politique est fondée sur le principe selon lequel chaque élève est en mesure d'apprendre. 

Harold Doherty, père d'un enfant autiste de 20 ans, s'est impliqué dans trois révisions de la province sur la politique d'inclusion : le rapport MacKay, les révisions d'un comité ministériel et le rapport Porter-Aucoin.

« Le mot inclusion sonne si bien à mes oreilles, dit-il. C'est tellement rassurant de savoir qu'au Nouveau-Brunswick on a pris l'approche de voir ce qui fonctionne ou ce qui ne fonctionne pas pour chaque élève dans la salle de classe. »

Harold Doherty appuie une révision de la politique d'inclusion en classe au N.-B. Harold Doherty appuie une révision de la politique d'inclusion en classe au N.-B.  Photo :  Facing Autism in New Brunswick

Harold Doherty raconte que lorsque son fils était jeune, il était dans une classe ordinaire, mais qu'il a commencé à s'automutiler, à se mordre les mains chaque jour.

À sa demande, son fils a été retiré de la classe et a été placé dans une salle vide avec une aide-enseignante. Il a alors arrêté de se mordre. Harold Doherty souligne que son fils a eu quelques rechutes au cours des années suivantes, mais rien comparé à l'époque où il était dans une salle de classe ordinaire. Il ajoute que c'est faux de penser qu'un programme fonctionne pour chaque élève. 

« C'est une grave erreur parce qu'il n'y a pas de tentative de comprendre ce qui marche pour chaque enfant, ce que le bon sens nous dicte. Si vous avez une maladie, on ne peut prétendre qu'il y a une solution pour tout guérir et c'est l'approche que nous prenons. Nous cherchons à comprendre chaque cas en interagissant avec les enfants souvent aux prises avec de graves problèmes de santé. »

Les besoins pour un centre provincial d'autisme

Harold Doherty dit qu'il aimerait voir le gouvernement créer un centre pour autistes. Le ministre de l'Éducation, Serge Rousselle affirme que la province s'apprête à répondre à l'Association des enseignants du Nouveau-Brunswick qui demande une révision du programme d'inclusion.

« L'idée c'est d'avoir un centre où les adultes et les enfants pourraient recevoir des traitements spéciaux, mais aussi des soins à long terme dont ont besoin les gens qui souffrent d'autisme sévère. » — Harold Doherty

L'Association des enseignants du Nouveau-Brunswick dit qu'elle a fait parvenir une lettre au ministre Rousselle pour lui demander la révision immédiate de la politique provinciale d'inclusion.

Guy Arseneault, président de l'association, dit que les enseignants ne s'opposent pas à l'inclusion, mais que le programme doit être amélioré. En entrevue au réseau CBC, il a souligné que des inconsistances dans la politique font en sorte que les salles de classe ne sont pas sécuritaires. Il a mentionné que « la fréquence et la gravité » de la violence en classe sont inacceptables.

La réponse du syndicat

Le ministre Rousselle a déclaré dans un courriel que le gouvernement est engagé à fournir à chaque élève une éducation « qui va combler ses besoins ».

« Nous avons reçu la lettre de l'association des enseignants sur l'inclusion et la réponse du syndicat va suivre bientôt. »

Harold Doherty pense que le système actuel ne fonctionne pas.

« Lorsque vous pensez aux cas d'autisme, par exemple, qui sont très complexes, cela représente tout un défi pour les parents aussi. C'est comme si on se fermait les yeux pour résoudre un problème. Il faut prêter attention et s'assurer que les enfants soient dans le meilleur environnement possible et il faut déterminer la meilleure façon de leur enseigner », conclut Harold Doherty.

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