Pensionnats autochtones : une attente interminable pour deux frères

Richard Preston Richard Preston  Photo :  CBC

Une entente à l'amiable se fait toujours attendre dans le dossier opposant plus de 1200 plaignants métis, innus et inuits à Terre-Neuve-et-Labrador qui réclament des excuses et une indemnisation pour les mauvais traitements qu'ils ont subis dans des pensionnats autochtones.

Un texte de Philippe GrenierTwitterCourriel

Les plaignants affirment qu'ils ont perdu leur héritage culturel, leur langue, et qu'ils ont subi des agressions physiques et sexuelles. Les frères Preston, au Nouveau-Brunswick, dressent une liste de 66 sévices qu'ils ont subis lorsqu'ils se trouvaient dans un pensionnat autochtone à St. Anthony, dans le nord-ouest de Terre-Neuve.

À l'aube de la reprise du recours collectif opposant plus de 1200 plaignants au gouvernement canadien, les deux frères se souviennent de cette période noire et douloureuse de leur vie.

Richard Preston raconte par exemple qu'il y avait cinq ceintures au mur, et qu'on lui disait d,aller chercher celle avec laquelle il allait être fouetté. S'il criait, ajoute-t-il, il était frappé avec la boucle de la ceinture.

Le plus difficile pour Richard était de voir ses frères Bob et Don maltraités aussi. Il explique que le fait de voir les seuls membres de sa famille maltraités de la sorte lui faisait mal. C'était pire qu'un cauchemar, dit-il.

En 2008, tous les plaignants de Terre-Neuve-et-Labrador avaient été exclus des excuses présentées par le premier ministre Stephen Harper et du règlement de 4 milliards de dollars, parce que les pensionnats de la province ont été établis avant son entrée dans la Confédération canadienne, en 1949.

C'est un abus de plus, selon Richard Preston. Il lance que c'est dégoûtant. « Nous voulons des excuses et nous sommes plus de 1200 à les mériter », dit-il.

Les avocats des deux parties négocient présentement pour trouver un terrain d'entente, un règlement à l'amiable afin d'éviter la suite des procédures judiciaires. Pour ce faire, la date butoir des négociations a été reportée du 29 février au 9 mai. Le procès, quant à lui, reprendra lundi.

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