Les adolescents du N.-B. manquent de sommeil selon une étude

Les adolescents du N.-B. manquent de sommeil selon une étude

La grande majorité des adolescents du Nouveau-Brunswick ne dormiraient pas assez. Les jeunes doivent dormir au moins huit heures par nuit pour ne pas nuire à leur développement.

Par contre, un récent rapport du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick sur la santé mentale démontre que seulement 29 % des adolescents dorment un minimum de 8 h par nuit. Dans plusieurs localités du nord de la province, ce pourcentage est encore plus bas.

À Bathurst par exemple, seulement 20 % des jeunes dorment assez.

Anthony Azard, un élève de la 12e année, ne dort parfois que cinq heures par nuit. Il s'implique beaucoup à l'école, mais aussi dans sa communauté. Il le reconnaît, son cellulaire n'est jamais bien loin, même dans son lit.

« Si jamais il y a un message qui rentre, je dois y répondre. Je suis un peu, je suis un peu, comment je dirais, un peu accro au téléphone intelligent », admet-il.

De son côté, Céleste Branch a deux emplois à temps partiel. Elle doit donc limiter ses heures de sommeil si elle veut obtenir de bons résultats à l'école.

« Je fais comme des 12 heures, des 13 heures de sommeil pendant la fin de semaine. Je sais que ce n'est pas vraiment bon, mais au moins j'essaie de me reprendre pour que quand je commence la semaine, j'ai toutes mes heures et ma batterie est rechargée », raconte la jeune femme.

« On dirait qu'on vit dans un système où 24 heures ne sont pas assez dans une journée », ajoute Pierre Boudreau. Cet étudiant dort environ huit heures par nuit, mais croit tout de même que ce n'est pas assez.

« J'ai beaucoup plus de difficulté à me concentrer. Parfois, quand la prof parle pour 30-45 minutes, le dernier 20 minutes rentre par une oreille et sort par l'autre », lance-t-il.

Quatre élèves de l'école ESN Céleste Branch, Pierre Boudreau, Maryse Arseneault et Anthony Azard, élèves en 12e année à l'école ESN de Bathurst  Photo :  ICI Radio-Canada/François Vigneault

Comme ses trois camarades, Maryse s'implique beaucoup, notamment dans le conseil étudiant. Une petite sieste après l'école l'aide beaucoup, mais ce n'est pas suffisant.

« Des fois, là, je me sens les yeux qui ferment, alors là je me dis "okay, écoute, là, c'est important, c'est un cours important". Il faut que je me parle pour pouvoir me concentrer en classe », raconte cette élève de la 12e année.

De nombreux effets négatifs pour l'adolescent

Le manque de sommeil chez certains étudiants peut avoir des répercussions, selon l'enseignant Marc Rioux.

« Si un jeune passe trop de temps en classe, on s'aperçoit qu'il est endormi. C'est certain que ça va avoir un effet sur ses résultats scolaires », souligne l'enseignant de Bathurst.

Ça peut aussi avoir des effets négatifs sur leur santé, croit le directeur général du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, Stéphane Robichaud.

« On sait qu'à l'adolescence, c'est un âge de développement. On se développe beaucoup du point de vue physiologique, du point de vue physique, on se développe énormément. Le sommeil joue un rôle important là-dedans », mentionne M. Robichaud.

Le Conseil de la santé souhaite maintenant que ses données sur les habitudes de sommeil des adolescents suscitent une réflexion chez les familles et les dirigeants scolaires.

D'après un reportage de François Vigneault

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