Municipalisation du N.-B. : la balle est dans le camp des commissions de services régionaux

Roger Doiron Roger Doiron, président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick  Photo :  ICI Radio-Canada

Un représentant du milieu municipal au Nouveau-Brunswick affirme que le gouvernement cherche à se débarrasser d'une « patate chaude » en demandant aux commissions de services régionaux de se pencher sur de possibles regroupements de collectivités.

Un texte de Pierre-Alexandre Bolduc TwitterCourriel

À l'heure actuelle, la structure de la gouvernance locale comprend 107 municipalités et 245 districts de services locaux. Le gouvernement veut vérifier s'il y a moyen d'économiser en regroupant certaines entités.

« On croit sincèrement qu'il faut avoir davantage d'annexions et d'amalgamations. Nous allons demander aux commissions de services régionaux d'identifier quelles municipalités ou quels districts de services locaux seraient viables », affirme le ministre des Finances, Roger Melanson.

« C'est une patate chaude [pratiquement]. Jusqu'où le gouvernement veut se débarrasser de la patate chaude et de la transposer aux CSR? On ne le sait pas. » — Roger Doiron, président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick

Roger Doiron milite pour une pleine municipalisation de la province. Il voit d'un bon oeil le fait que le gouvernement s'intéresse à la question, mais il veut plus de détails sur les mesures incitatives dont parle le gouvernement afin d'encourager les collectivités à se regrouper.

« C'est quel genre de fusion? Est-ce que c'est obligatoire, obligé, forcé, ou des fusions libres? Ce sont des questions qu'on ne sait pas », explique Roger Doiron.

Ces dernières années, plusieurs projets de regroupement ont connu des ratés dans la province. Tout récemment, le projet du Haut-Madawaska est tombé à l'eau. À Petit-Rocher et à Sussex, la population a également refusé un regroupement.

L'argument principal des opposants est la peur de payer plus d'impôts fonciers.

« Avec de petites entités comme nous avons dans la province et avec des régions non incorporées, le développement économique, le développement social culturel, il n'y a rien qui peut se faire », déplore Roger Doiron.

À gauche, le ministre des Finances du N.-B., Roger Melanson et à droite, le ministre responsable de la révision des programmes, Victor Boudreau À gauche, le ministre des Finances du N.-B., Roger Melanson et à droite, le ministre responsable de la révision des programmes, Victor Boudreau, lors de la présentation du budget  Photo :  Ici Radio-Canada/Louis Mills

Les résultats se sont avérés différents à Cocagne et à Tracadie, où une vingtaine de districts de services locaux se sont réunis.

« Ce sont des discussions que nous avons continuellement avec les associations qui représentent les municipalités. Comment pouvons-nous le faire? C'est complexe, mais c'est possible. J'étais très content d'en parler beaucoup dans mon discours du budget », souligne le ministre Melanson.

« Nous, on s'intéresse à être des partenaires dans le projet, mais on veut s'assurer de savoir dans quoi on s'embarque », ajoute Roger Doiron.

Les libéraux ont donc dépoussiéré le rapport de l'ancien haut fonctionnaire Jean-Guy Finn qui proposait l'abolition de tout ce qu'on connaît actuellement pour créer 53 entités municipales. Roger Doiron n'écarte pas pour sa part la possibilité de créer plutôt 75 ou 80 municipalités.

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