Travailleurs étrangers : Ottawa change de ton

Le reportage de Nicolas Steinbach

Les changements au programme des travailleurs étrangers temporaires font mal à l'industrie de transformation de homard dans les Maritimes, mais l'arrivée d'un nouveau gouvernement à Ottawa donne espoir que les changements au programme seront abandonnés.

Le ministre fédéral des Pêches, Hunter Tootoo, était de passage à Moncton, au Nouveau-Brunswick, vendredi matin. Il a rencontré les transformateurs jeudi et l'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) vendredi matin. Il n'a fait aucune promesse, mais on remarque un changement de ton.

Hunter Tootoo dit avoir entendu les mêmes inquiétudes dans toutes les provinces de l'Atlantique. Ce programme fédéral, qui entend réduire de moitié le nombre de travailleurs étrangers temporaires au Canada, engendre deux conséquences principales en Atlantique. Il cause une pénurie de main-d'oeuvre dans certaines usines et fait en sorte que de nombreux travailleurs étrangers se retrouvent sans emploi, selon les intervenants. Hunter Tootoo promet de faire part de ces inquiétudes à son homologue, la ministre fédérale du Travail, MaryAnn Mihychuk.

« Il y a des défis sérieux au niveau de la main-d'oeuvre de notre industrie. On va faire en sorte de finaliser nos rencontres aujourd'hui puis parler de ce qui est ressorti de tous les acteurs qui nous ont parlé au niveau du problème qu'ils ont avec la main d'oeuvre », explique Serge Cormier, député fédéral d'Acadie-Bathurst et secrétaire parlementaire du ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne.

Le représentant de l'usine de transformation de poisson Westmorland Fisheries à Cap-Pelé au Nouveau-Brunswick, Nat Richard, craint que la pénurie de main-d'oeuvre nuise à l'industrie.

« Nous c'est notre crainte, on a déjà vu des périodes dans le passé où les usines ont dû établir des limites de prises quotidiennes juste parce qu'on n'est pas capable de gérer le volume qui rentre. Ça a des répercussions sur tout le monde, les usines et les pêcheurs également », croit-il.

« Au moment où la ressource est en santé, que l'industrie en général va relativement bien et où on a un potentiel énorme dans de nouveaux marchés comme l'Europe et l'Asie, c'est dommage qu'on ne puisse pas trouver une solution pour nous permettre de résorber la pénurie. » — Nat Richard, représentant de l'usine de transformation de poisson Westmorland Fisheries
L'avocate de Moncton Nicole Druckman L'avocate de Moncton Nicole Druckman  Photo :  ICI Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Soulagement du côté des travailleurs étrangers

L'avocate Nicole Druckman, de Moncton, qui s'occupe de faire les demandes de permis pour les travailleurs étrangers temporaires, dit être soulagée par ce changement d'attitude.

Nicole Druckman demande maintenant au gouvernement d'éliminer les quotas de main-d'oeuvre dans les usines de transformation avant le début de la prochaine saison de pêche au homard, qui débute dans trois mois, au Nouveau-Brunswick.

« Les usines de poissons, pour la plupart, commencent en avril ou en mai. Donc s'ils veulent s'assurer que les employeurs ont des travailleurs ici pour ce temps, il faut enlever [les quotas] dans les prochaines semaines. C'est essentiel, immédiatement, il n'y a pas de temps [à perdre], sinon il sera trop tard », dit Nicole Druckman.

D'autres demandes pour le ministre Tootoo

Les changements au programme des travailleurs étrangers temporaires n'étaient pas le seul enjeu au menu des discussions avec le ministre Hunter Tootoo.

L'UPM a également profité de sa présence pour discuter de la taille minimale de la carapace du homard. Il s'agit d'une des priorités des pêcheurs et elle est la source d'un litige entre le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard. Cette dernière demande le statu quo parce qu'elle a un marché de niche pour le petit homard.

Les pêcheurs demandent aussi des investissements dans le marché du homard, mais également dans la biologie et la science.

Selon les informations de Nicolas Steinbach

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