Stress post-traumatique : le soutien des employeurs est très important, selon un expert

Ambulance Nouveau-Brunswick Des ambulanciers au Nouveau-Brunswick (archives)

Un expert réagit à la sortie récente de deux ambulanciers au Nouveau-Brunswick en expliquant qu'il est important que les travailleurs qui souffrent de stress post-traumatique se sentent soutenus par leur employeur.

Un texte de Pierre-Philippe LeBlanc TwitterCourriel

Le travailleur paramédical Serge Brideau a démissionné la semaine dernière. Il a alors dénoncé un manque de soutien d'Ambulance Nouveau-Brunswick pour les ambulanciers qui souffrent de problèmes de santé mentale. Quelques jours plus tard, Camille Tremblay, un ambulancier à la retraite, n'a pas blâmé Ambulance N.-B., mais il a souligné un manque de sensibilité au syndrome de stress post-traumatique et de soutien.

Selon Stéphane Guay, directeur du Centre d'études sur le trauma à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, les employeurs ont un rôle important à jouer en la matière.

« Ce qu'on a découvert au cours des dernières années, d'une part c'est que le soutien comme M. Brideau le décrivait est très important. Alors, quand un superviseur immédiat soupçonne qu'un événement, disons, peut ébranler un de ses employés, on recommande effectivement de le contacter. Toutes les manières sont bonnes. Ça peut être par téléphone, en personne ou même par texto. Parfois il suffit de peu, simplement de demander comment ça va : "Est-ce que ça va? Es-tu correct pour continuer?" Ça peut faire toute une différence », explique M. Guay, en entrevue à l'émission Format libre, de Radio-Canada Acadie.

Stéphane Guay reconnaît cependant que les employeurs n'ont pas tous accès aux ressources nécessaires pour aider leurs employés qui souffrent de stress post-traumatique.

« Les grandes organisations comme celles-là peuvent offrir effectivement les services d'un programme d'aide aux employés avec un nombre de séances restreint. Très souvent, en tout cas la majorité notamment des ambulanciers qu'on a pu interviewer nous disent que c'est souvent insatisfaisant comme consultation. C'est-à-dire qu'ils ont l'impression que ces intervenants ne connaissent pas vraiment bien d'une part la réalité des ambulanciers et d'autre part ce qu'est le stress post-traumatique. Alors, très souvent, les ambulanciers par exemple n'iront pas consulter ou vont hésiter à le faire pour ces raisons-là. [...] Et une des difficultés évidemment pour ces organisations-là, qu'il s'agisse d'organisation en Acadie ou ici à Montréal, c'est que les services spécialisés qui peuvent répondre aux besoins des ambulanciers ne sont pas très nombreux. Alors les organisations se trouvent à être un petit peu démunies par rapport à ça », précise M. Guay.

Stéphane Guay estime aussi qu'un certain changement de culture est nécessaire pour que les intervenants qui souffrent de stress post-traumatique n'hésitent pas à chercher de l'aide.

« Il y a un travail au niveau culturel à faire dans l'entreprise aussi, comme M. Brideau le disait. Je pense qu'il y a une culture un peu de masculinité dans ce milieu-là, comme dans plusieurs autres, et c'est ce qui fait en sorte que les gens n'iront pas nécessairement se confier lorsqu'ils ne se sentent pas bien », conclut-il.

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