Main-d'œuvre : les transformateurs de homard préoccupés 

Réunion de propriétaire d'usines de pêches à Moncton  Photo :  ICI Radio-Canada/Monique Losier

Les propriétaires d'usine de transformation de homard des Maritimes se sont réunis mercredi à Moncton pour discuter de certains enjeux, dont la pénurie de main-d'œuvre et la réforme du programme des travailleurs étrangers temporaires.

Le nombre de travailleurs étrangers dans une entreprise canadienne ne peut dépasser 30 % de sa main-d'œuvre totale. À compter du 1er juillet 2016, le plafond descendra à 20 %, et en 2017 il diminuera encore à 10 %.

Selon la Coalition pour les produits de la mer, cette réforme pourrait engendrer des pertes de 100 millions de dollars en valeur de production par année, causées par la réduction de la capacité de transformation.

Nat Richard, directeur des affaires corporatives chez Pêcheries Westmorland, estime que ce changement force les transformateurs à mettre de côté certains produits et valeurs ajoutées. « On passe beaucoup plus de temps à s'arracher les cheveux de la tête, à voir comment on fait pour recruter du monde et garder du monde », se désole-t-il. 

L'Union des pêcheurs des Maritimes, qui a aussi assisté à la rencontre, est préoccupée par l'impact de la réforme sur ses membres. « On pourrait dire : on ne peut pas prendre tous vos produits ou on doit les limiter d'une façon excessive sur une base journalière, explique Christian Brun, directeur général de l'Union. On ne peut prendre qu'une limite de 500 livres par jour par exemple. Ça serait extrêmement difficile pour les pêcheurs. »

« Il y a une transition qui s'est faite très rapidement. Le gouvernement s'y est mal pris pour faire ce changement-là et créer cette politique-là. Les réductions, en d'autres mots, sont trop sévères trop rapidement. » — Christian Brun, directeur général de l'Union des pêcheurs des Maritimes

Selon les chiffres fournis par le gouvernement fédéral, il y a eu 2336 demandes pour des travailleurs étrangers temporaires dans les usines de transformation dans les provinces de l'Atlantique en 2013. Environ 45 % de ces demandes ont été autorisées, soit 1060. Pendant la même période, Ottawa affirme qu'il y avait, en Atlantique, 6300 prestataires d'assurance-emploi ayant de l'expérience dans le secteur de la transformation de poissons.

Le tableau suivant comprend les données de 2014 :

Avec les informations de Nicolas Steinbach et Marilyn Marceau

Acadie en direct Afficher le fil complet