« Je ne suis pas une mauvaise personne, juste un tueur de policiers » - Justin Bourque

Première journée d'audience pour la détermination de la peine de Justin Bourque : compte rendu de Michèle Brideau

L'audience pour la peine de Justin Bourque, accusé entre autres des meurtres de trois officiers de la GRC à Moncton en juin 2014, a été levée lundi. L'audience reprendra mardi en matinée.

On a appris notamment qu'après son arrestation, Justin Bourque aurait déclaré à un policier en civil, « je ne suis pas une mauvaise personne, juste un tueur de policiers ».

Durant ces audiences, on a présenté des photos des événements du 4 juin, des cartes de la ville et des extraits pour revenir sur ce drame.

Certains extraits assez troublants ont été diffusés, par exemple des appels au 911 de résidents qui décrivent ce qu'ils ont vu. On a également entendu l'agente de la GRC Darlene Goguen qui appelle à l'aide après avoir été atteinte de balles.

Pour la première fois, on a entendu Justin Bourque s'expliquer dans une vidéo d'environ trois heures

La vidéo de l'entretien d'un policier avec Justin Bourque au détachement de Sackville, le 6 juin, a été présenté en cour. On y voit un homme détendu et confortablement assis. Lorsqu'un policier demande à Justin Bourque de parler de lui, ce dernier se présente comme gars d'une famille de six enfants, qui pratiquait la religion catholique de façon « stricte » et qui faisait l'école à la maison.

L'auteur de la fusillade de Moncton affirme qu'il planifiait d'abord incendier trois ou quatre stations services pour « faire mal à l'industrie pétrolière », mais confie que son « vélo était brisé donc j'ai changé d'avis ». 

À plusieurs reprises dans son témoignage, Justin Bourque fait allusion à la « guerre » et qualifie les policiers de « soldats ». Il a ajouté que, lors de la tuerie, il « s'attendait à mourir. [Il a] finalement trouvé la mentalité du soldat, mais pas [sa] guerre ». 

« Je suis désolé pour la mort de votre mari. Il devait être une bonne personne, mais il a choisi de combattre avec la couronne. » — Justin Bourque, lors de son témoignage le 6 juin dernier à Sackville. 

Témoignages des veuves

Les veuves des policiers tués ont exprimé leur chagrin. Dans un enregistrement audio présenté en cour, Rachael Ross raconte qu'elle est en mode survie depuis qu'elle a perdu son mari, le constable Dave Ross.

« Mon mari a été arraché de ma famille. Je sentais que je pouvais affronter n'importe quoi avec lui. Nous nous aimions vraiment. Nos vies ont basculé  » — Rachael Ross, épouse du constable Dave Ross.

Nadine Larche a aussi livré un témoignage bouleversant. Elle a décrit comment son mari manquait déjà des événements importants, comme la première danse de sa fille aînée.

« Maintenant, j'élève seule mes trois filles. Être parent unique n'était pas dans mes plans. Je souhaite tant que nous puissions te ramener ici. Nous t'aimons plus fort que la lune », a déclaré la veuve de Doug Larche.

Le constable Robert Nickerson a été témoin de la fusillade et a pratiqué des manoeuvres respiratoires sur un des policiers tués. Il a raconté que son fils lui avait demandé ce qui s'était passé le 4 juin dernier.

justin-bourque-transport L'accusé Justin Bourque transporté en cour dans ce véhicule, cet été  Photo :  CBC

« Je lui ai répondu que papa avait perdu trois bons amis, trois papas extraordinaires qui ont été enlevés à leurs enfants parce qu'ils ont fait leur travail. »

Par ailleurs, les épouses des gendarmes Doug Larche, Dave Ross et Fabrice Gevaudan ont préparé une déclaration  ont demandé à la GRC au Nouveau-Brunswick de la transmettre aux médias. Ces dernières n'accorderont pas d'entrevues à ce sujet. 

Déclaration des épouses des trois gendarmes assassinés :

« Nous sommes conscientes que beaucoup de renseignements et de détails seront présentés en cour lundi et mardi au sujet de l'incident et des personnes impliquées. Nous espérons que les membres des médias choisiront de continuer d'axer leurs reportages sur les gens de la collectivité, y compris le personnel des services d'urgence, qui se sont réellement serré les coudes et continuent de travailler fort pour garantir notre sécurité. Nous croyons qu'il est important d'accorder l'attention aux gens qui choisissent de faire le bien. Pour l'instant, nous n'accordons pas d'entrevues aux membres des médias. Nous leur demandons de respecter notre vie privée. »

 

En matinée, on a fait état de la chronologie des événements du 4 juin avec photos et extraits audios. Des agents de la GRC présents en cour ont félicité leur collègue Éric Dubois, blessé lors des événements et qui était présent à l'audience.

On apprend aussi qu'une résidente a logé un appel 911 pour dire que Justin Bourque lui avait dit de ne pas s'en faire, qu'il ne tuerait pas de civils, mais seulement des personnes d'autorité.

Les audiences se poursuivent mardi, mais le juge David Smith pourrait attendre quelques semaines avant de rendre sa décision.

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