Les Acadiens du Grand Madawaska resserrent leurs liens

L'histoire a séparé les Acadiens du Grand Madawaska. Ils habitent au Nouveau-Brunswick, au Québec ou au Maine. Ces gens souhaitent resserrer les liens qui les unissent pendant le Congrès mondial acadien, cet été.

Un reportage de Michel Nogue TwitterCourriel

Des Américains font revivre une page d'histoire du Madawaska. Ils construisent une réplique d'un traversier qui reliait autrefois des villages francophones le long du fleuve Saint-Jean. Gérald Soucy, un Acadien de Grande Isle, au Maine, explique que ce projet a ses racines dans l'histoire des communautés et des deux pays.

Pendant le Congrès mondial acadien, le traversier fera des aller-retour entre Grand Isle et Rivirère-Verte, au Nouveau-Brunswick.

Même avant d'être terminé, ce projet resserre les liens entre les Acadiens des deux pays. « J'ai rencontré du monde à Rivière-Verte que je ne connaissais pas. Puis, je considère à cette heure qu'on est des amis », souligne Gérald Soucy.

Autrefois, Gérald Soucy, de Grande Isle au Maine, ne s'identifiait pas comme Acadien

L'historien Samuel Moreau, directeur du Fort Ingall à Témiscouata-sur-le-Lac, au Québec, voit un changement d'attitude par rapport aux francophones des régions avoisinantes.

« Les gens vont avoir tendance plus, je crois, à se dire, à faire partie de l'Acadie des terres et forêts ou de ce que les historiens appellent le Grand Madawaska. Je pense que les gens vont avoir plus conscience de ça. Mais, évidemment, ça ne se fera pas du jour au lendemain », affirme Samuel Moreau.

Le géographe Adrien Bérubé, professeur émérite à l'Université de Moncton à Edmundston, pense que les effets du Congrès mondial dépasseront le domaine culturel.

« Ça peut amener des collaborations d'ordre économique. Dans la région ici, on s'aperçoit déjà qu'on n'avait pas tellement échangé dernièrement avec les gens du Témiscouata ou avec les gens d'Aroostook. Ça se fait un petit peu plus, là », indique Adrien Bérubé.

Selon le professeur Adrien Bérubé, une personne peut à la fois s'identifier comme Brayonne et comme Acadienne

Lise Pelletier, directrice des Archives acadiennes à l'Université du Maine à Fort Kent, contribue à l'organisation du Congrès mondial acadien depuis le tout début. Elle y voit l'occasion de rassembler les gens du Grand Madawaska.

« Il y a tellement de dédoublements et même, je dirais, de [triplements] de services, d'universités, d'hôpitaux. Il y a quelque chose à faire là pour non seulement [économiser] de l'argent, mais développer dans d'autres domaines et s'entraider », affirme Lise Pelletier.

« C'est une espérance, ça, qu'à la longue ça va continuer à tenir les relations de ces trois communautés », ajoute Gérald Soucy.

Le retour du traversier, même pendant une journée, pourrait marquer le début d'une nouvelle ère dans les relations entre les Acadiens de trois régions différentes et qui habitent le même territoire.

Le reportage complet du journaliste Michel Nogue est diffusé lundi au Téléjournal Acadie.

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