Assurance-emploi : des critiques de la réforme ne sont pas rassurés

Manifestation à Tracadie-Sheila Des manifestants ont investi, jeudi, le bureau de Service Canada à Tracadie-Sheila.  Photo :  Marie-Claude Frenette/Radio-Canada

L'intervention de la ministre des Ressources humaines du Canada, Diane Finley, laisse sur leur faim des opposants à la réforme de l'assurance-emploi.

Jeudi, près de 300 manifestants ont occupé les bureaux de Service Canada à Tracadie-Sheila, au Nouveau-Brunswick, pour dénoncer la réforme qu'ils jugent insensée.

En fin d'après-midi, la ministre Finley a expédié un courriel dans lequel elle dit que la réforme n'obligera pas les chômeurs à accepter du travail à l'extérieur de leur région ni un emploi qui ne correspond pas à leurs compétences.

Mme Finley explique aussi que la situation personnelle de chaque prestataire continuera d'être prise en considération.

Selon Claude Snow, du Comité des 12 pour la justice sociale qui milite pour les plus démunis dans la Péninsule acadienne, la déclaration de Mme Finley manque de clarté.

« On dit que la situation personnelle va être examinée, oui, mais ça va être examiné par qui? Combien de temps on va prendre pour examiner la situation? On ne le sait pas. Quelle sera la décision finale? On ne le sait pas non plus », ajoute M. Snow.

Le député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin, affirme que le bureau atlantique du ministère des Ressources humaines lui a expliqué que les prestataires n'auront pas à se déplacer pour trouver du travail. Ils devront toutefois consacrer au moins 15 minutes par jour à leur recherche d'emploi en consultant les journaux et Internet.

« Là où ça s'en vient un peu truqué, c'est qu'ils disent qu'il faut qu'ils regardent dans l'annuaire de téléphone pour voir les employeurs qui existent et qu'ils téléphonent aux employeurs pour voir si eux n'ont pas besoin de quelqu'un. Dans ce temps-là, ça n'aide pas les employeurs parce que les employeurs me téléphonent et disent : "Ça n'a pas de sens du tout. Je reçois des centaines d'appels par jour. Ça fait mal à mon entreprise. Je n'ai pas le temps de travailler dans mon entreprise" », explique Yvon Godin.

La réforme entrera en vigueur le 6 janvier.