Réforme de l'assurance-emploi

La réforme de l'assurance-emploi ne sera pas assouplie

Consternation à Fredericton au sujet de la réforme de l'assurance-emploi

La détermination d'Ottawa à adopter la réforme de l'assurance-emploi sans assouplissement crée du mécontentement au Nouveau-Brunswick.

La ministre des Ressources humaines du Canada, Diane Finley, a confirmé que les changements controversés entreraient bel et bien en vigueur le 6 janvier prochain.

Les nouveaux critères encourageront notamment les prestataires de l'assurance-emploi à accepter un emploi situé dans un rayon allant jusqu'à une heure de route en voiture de leur domicile. Ces critères s'appliqueront même si l'emploi est moins bien rémunérés que leur emploi précédent.

« J'aimerais que la personne qui a fait passer cette loi-là prenne notre place et aille travailler, qu'elle aille voir pour de l'emploi. Là, on est sur le chômage. Ça veut dire que l'argent n'est pas aussi haut que quand on travaillait, et ça coûte de l'argent quand tu vas voir trois fois par semaine. Il y a l'essence qui vient avec ça. Les personnes qui ont des enfants sont obligées de prendre une gardienne pour aller voir. Ça donne des coûts, et on a déjà de la misère à vivre avec le chômage », dit Maryse Chiasson, de Saint-Simon, travailleuse dans une usine de transformation du poisson.

Le député de Moncton, Robert Goguen, avait pourtant laissé entendre qu'Ottawa se montrerait plus flexible pour tenir compte des réalités régionales.

La réplique du député libéral de Beauséjour, Dominic LeBlanc, a été cinglante : « Robert Goguen est allé dire dans L'Acadie Nouvelle de lundi, cette semaine : " Ne vous inquiétez pas, il y a de bonnes nouvelles qui s'en viennent. " Alors, quelqu'un s'est organisé pour mettre ça dans L'Acadie Nouvelle pour prévenir la panique, et finalement la ministre a été obligée de donner une gifle à Robert Goguen en disant : " Non, de quoi vous parlez? On ne va rien changer, on va clarifier." ».

Le député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin, croit que l'opposition à la réforme va se poursuivre.

« Les gens vont continuer à se battre contre cette réforme-là. Elle n'a pas de sens. Est-ce normal de mettre un changement qui est difficile d'avance, qui ne marchera pas, sans appliquer le même remède partout? C'est pour ça que les gens sont allés voir le premier ministre du Nouveau-Brunswick et ont demandé aux élus du Nouveau-Brunswick de faire pression sur le gouvernement, plutôt que juste dire qu'on va attendre au mois de janvier. Ce n'est pas d'attendre au mois de janvier, c'est d'aller au gouvernement et de dire : " Écoutez, vous faites mal à notre province, à nos travailleurs! " », lance le député Godin.

Paul Robichaud, ministre du Développement économique du Nouveau-Brunswick, espère toujours qu'il y aura des assouplissements.

« L'information qu'on a vue, qu'on a entendue, que ce soit des députés fédéraux, etc., nous semblait laisser croire qu'il y avait un genre d'assouplissement. Nous allons continuer nos dialogues, nos rencontres et nos pourparlers avec le gouvernement fédéral. Il faudrait peut-être attendre de voir, le 6 janvier, quelles sont les modifications. Je ne perds pas espoir que les revendications, non seulement du Nouveau-Brunswick dans ce dossier-là, mais les revendications de tout le Canada atlantique, vont être entendues », affirme Paul Robichaud.

Bernard Valcourt défend la réforme

Le député fédéral de Madawaska-Restigouche, Bernard Valcourt, qui est également ministre associé à la Défense nationale et ministre d'État, affirme que les mesures contenues dans la réforme ne visent pas à pénaliser les chômeurs.

Bernard Valcourt Le ministre Bernard Valcourt (archives)

« Ce n'est pas nouveau qu'un prestataire doit toujours être à la recherche d'emploi. Donc une nouvelle exigence, ça, c'est une réforme, c'est que maintenant un prestataire va devoir démontrer quels sont les efforts qu'il fait pour obtenir un emploi. Le but de ça n'est pas de pénaliser personne, c'est de favoriser la croissance économique. En septembre cette année, il y avait 263 000 emplois au Canada qui ne pouvaient pas être comblés parce qu'on n'avait pas les travailleurs pour les combler », explique Bernard Valcourt.

Des précisions sur la réforme

Selon la ministre Diane Finley, les règles de l'assurance-emploi seront plus claires pour les prestataires et les fonctionnaires responsables de leurs dossiers. Elle dit aussi que le gouvernement offrira un meilleur soutien à la recherche d'emplois. Elle assure aussi que chaque demande d'assurance-emploi sera évaluée, et que les conditions pourront être plus flexibles dans certains cas.

La ministre Finley a annoncé ce qui constitue pour Ottawa une recherche raisonnable d'emploi par les prestataires. Ces derniers devront notamment participer à des ateliers de recherche d'emploi et à des foires de l'emploi, en plus de soumettre des demandes d'emploi à des employeurs potentiels. Les chômeurs seront informés quotidiennement des emplois offerts.

Selon la ministre Finley, plusieurs critères serviront à déterminer ce qui constitue un emploi convenable, dont le genre de travail, la rémunération, le temps de déplacement, les conditions et les heures de travail, ainsi que les circonstances personnelles.

En complément

Acadie en direct Afficher le fil complet

Facebook