Des chercheurs sur la trace du thon rouge

Pêcheurs de thons Pêcheurs de thon rouge à l'Île-du-Prince-Édouard (archives).

Un projet de recherche de Pêches et Océans pourrait aider les pêcheurs de thons de l'Atlantique qui souhaitent voir augmenter leurs quotas de pêche. Depuis des années, les restrictions pour ces pêcheurs ne cessent de s'alourdir.

La clé du projet se cache à l'intérieur des têtes de thons pêchés. Pour les pêcheurs, ces têtes n'ont aucune valeur commerciale, mais pour Pêches et Océans Canada, leur valeur scientifique est énorme.

Dans ces têtes gigantesques se cache un tout petit os nommé otolithe. Cet os niché dans l'oreille du thon peut nous en apprendre beaucoup sur lui. L'otolithe indiquera au chercheur l'âge et, surtout, le lieu de naissance du thon.

Selon Dheeraj Busawon de Pêches et Océans, ces informations aideront à mieux comprendre les mouvements migratoires des thons rouges.

« C'est à quel point les stocks de la méditerranée et le stock du golfe du Mexique, en gros est-ce qu'il y a un grand échange entre ou est-ce qu'il n'y a pas d'échange, en gros ça va nous donner cette information-là », explique M. Busawon.

Un portrait plus juste des populations de thons pourrait aider les pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard. Les pêcheurs, limités à une prise par saison, veulent une augmentation des quotas.

Mais pour ça, il faudra convaincre la planète car dans bien des pays, le thon rouge est considéré comme une espèce menacée.

« Nous espérons qu'ils soient nés dans le Golfe du Mexique pour prouver qu'ils vivent à l'ouest », explique Doug Fraser, de l'Association des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard.

Le Canada voudrait bien démontrer que les thons pêchés dans la région proviennent du golfe du Mexique et non pas d'Europe.

S'il est vrai que les populations ne se mélangent pas, il sera plus facile pour le Canada de réclamer de meilleurs quotas.

Dheeraj Busawon a récolté une vingtaine de paires d'otolithes. Pour compléter la recherche, il en faudra 400 de plus.

Des techniciens de Pêches et Océans vont donc continuer à visiter des ports un peu partout en Atlantique.