Agressions sexuelles par le prêtre Camille Léger à Cap-Pelé au N.-B. : l'Église savait

Michèle Brideau relate le témoignage de Normand Brun.

De nouvelles informations indiquent que les autorités catholiques étaient au courant qu'un curé de Cap-Pelé, au Nouveau-Brunswick, avait agressé plusieurs enfants.

Les accusations contre le père Camille Léger ont secoué la communauté l'hiver dernier, lorsque plusieurs de ses victimes obtenaient que l'aréna du village ne porte plus son nom.

Normand Brun, qui vit aujourd'hui à Vancouver, a décidé de briser le silence. Il affirme avoir conclu une entente en dédommagement avec l'Église en 1997 pour les sévices qu'il a subis lorsqu'il avait 10 ans.

À cette époque, Normand Brun rêvait de devenir membre de la fanfare que dirigeait le père Camille Léger. « C'est là que ça a commencé avec moi. Si je voulais apprendre à jouer de la trompette, fallait que j'apprenne à jouer avec le père Léger », a expliqué M. Brun.

Il affirme qu'il se souvient, comme si c'était hier, des sévices sexuels subis aux mains du prêtre. « Au presbytère, dans la salle de musique, en bas de l'église. »

« Moi, je vais te dire : personnellement, ça a ruiné ma vie. » — Normand Brun

À 50 ans, la drogue, l'alcool et le jeu mènent sa vie et en 1997, il décide de régler ses comptes avec le clergé. Il s'adresse à l'archevêque de l'époque, Ernest Léger et s'étonne de la rapidité avec laquelle l'affaire est réglée.

« Je pensais que ça allait prendre des années. Je suis arrivé à Moncton le dimanche soir et le lundi après-midi, j'avais mon chèque », relate Normand Brun.

Une clause de confidentialité l'empêche de dévoiler les détails de l'entente conclue avec l'archevêque et son assistant, le père Valérie Vienneau, depuis devenu évêque de Bathurst.

Le porte-parole de l'archevêché, Donald Langis, dit que cette affaire n'a pas été rapportée à la police parce que c'est aux victimes de porter plainte. « C'était une victime qui s'est présentée. On n'est pas allés dans le village pour voir s'il y avait d'autres victimes », affirme M. Langis.

Selon M. Brun, d'autres victimes du père Léger gardent encore aujourd'hui le silence. « Il y en a au moins sept que je connais, que je pourrais nommer. Je les encouragerais à sortir parce que s'ils ne sortent pas, s'ils n'en parlent pas, ils ne vont jamais guérir. »

Aujourd'hui, Normand Brun affirme qu'il va beaucoup mieux même si à quelques jours de ses 64 ans, il ne peut oublier le cauchemar de sa jeunesse.

L'aréna de Cap Pelé L'aréna de Cap-Pelé portait auparavant le nom du père Camille Léger.  Photo :  Michel Nogue/Radio-Canada

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