Trudeau s'explique

Rachel Gauvin rend compte de la polémique.

Justin Trudeau, le fils de Pierre Elliott Trudeau et candidat libéral dans la circonscription fédérale de Papineau, soutient qu'on a déformé ses propos sur la dualité en éducation au Nouveau-Brunswick.

Justin Trudeau explique ses propos contre les systèmes d'éducation distincts francophone et anglophone, qui ont suscité l'indignation en Acadie.

Le Telegraph-Journal, un quotidien néo-brunswickois, rapportait en fin de semaine que M. Trudeau avait déclaré, devant un auditoire d'enseignants à Saint-Jean, vendredi, que la dualité en éducation était coûteuse et qu'elle entretenait un esprit de ségrégation.

Ces propos ont soulevé l'indignation de la communauté acadienne au Nouveau-Brunswick, qui a remporté après une longue lutte un système d'éducation entièrement homogène et géré par des francophones.

M. Trudeau affirme que le Telegraph-Journal a omis le contexte de son discours. « Tout ce que je suis en train de dire, dans un monde de plus en plus développé, et c'est ce qui a été repris dans mes propos sur le bilinguisme disant que je suis contre le bilinguisme. C'est ridicule parce que j'ai moi-même enseigné le français pendant cinq ans à Vancouver. Alors, je suis quelqu'un qui croit profondément au bilinguisme », explique-t-il.

Justin Trudeau ajoute qu'il cherchait à inclure toutes les cultures. « Il faut reconnaître que la nouvelle réalité du 21e siècle, c'est qu'on va avoir de plus en plus de langues et de cultures qui arrivent au Canada et il faut être ouvert à la possibilité de redéfinir les choses, mais de façon à garder la force et l'identité de cette culture essentielle pour le Canada qu'est la culture francophone », précise-t-il.

M. Trudeau a offert ses excuses aux Acadiens qui se sont sentis offensés par ses propos. Il dit qu'il retient de cette affaire qu'il devra se méfier à l'avenir des journalistes qui recherchent les effets de manchette.

Citations et réactions d'indignation

Le Telegraph-Journal rapporte que lors de son discours prononcé à Saint-Jean, Justin Trudeau a plaidé pour la fin de la dualité linguistique dans le système d'éducation au pays en expliquant que l'abolition des systèmes d'éducation distincts entre francophones et anglophones engendrerait des économies.

« La séparation du français et de l'anglais dans les écoles est une chose qu'il faut réévaluer sérieusement. Ça divise les gens, ça leur met des étiquettes. » — Justin Trudeau

Michel Doucet, professeur de droit à l'Université de Moncton a vivement réagit à ces propos. Selon lui, le fils de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau ignore la réalité canadienne et celle des francophones qui vivent à l'extérieur du Québec. Il croit aussi que Justin Trudeau n'a jamais lu la Charte canadienne des droits et liberté, qui reconnaît la dualité des système scolaires à l'article 23.

« M. Trudeau a manqué une occasion en or de se taire. Il a plutôt profité de ce forum pour dire des choses qu'on n'avait pas entendues au Nouveau-Brunswick depuis les années 80. » — Michel Doucet

M. Doucet, spécialiste en droits linguistiques, a ajouté qu'il souhaitait que le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, rappelle à l'ordre son candidat. Justin Trudeau a remporté l'investiture libérale dans la circonscription montréalaise de Papineau le 29 avril.

« Non, je ne suis pas en faveur du bilinguisme. Je suis pour le trilinguisme et le quadrilinguisme. C'est de plus en plus vers cette réalité que nous nous dirigeons. » — Justin Trudeau

Tout s'explique

En entrevue au quotidien La Presse, la conseillère de Justin Trudeau, Reine Hébert, a nuancé les propos du candidat Trudeau. Selon elle, ce dernier voulait simplement taquiner un enseignant francophone qui lui posait une question sur le bilinguisme.

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