Une conférence pancanadienne pour s'attaquer au problème du fentanyl

Des comprimés de fentanyl Des comprimés de fentanyl  Photo :  CBC

Des intervenants sanitaires, juridiques et policiers venus de partout au pays sont réunis à Calgary pour discuter de la crise du fentanyl et des stratégies pour l'enrayer.

Derrière des portes closes, les participants à la conférence ont pu assister à une démonstration du procédé utilisé pour fabriquer du fentanyl. L'objectif est de montrer à quel point le dosage d'une tablette de l'opioïde est imprévisible. Selon Santé Canada, il ne suffit que de 2 mg pour tuer un individu moyen.

Le sergent-chef Martin Schiavetta, de la police de Calgary, explique que certaines capsules, ou même une portion de capsule, contiennent des concentrations mortelles de fentanyl. « À Calgary, nous avons saisi des capsules qui contenaient entre 4,6 mg et 5,6 mg de fentanyl », a-t-il déclaré.

« Ceux qui produisent du fentanyl de manière artisanale prennent de la poudre blanche et la mettent dans une tablette. En fait, ils n'ont aucune idée de ce qu'ils font et ça fait très peur. » — Le sergent-chef Martin Schiavetta de la police de Calgary

Crise en Alberta

Ce n'est pas un hasard si la rencontre pancanadienne a lieu en Alberta. De janvier à juin, dans la province, 153 personnes sont mortes après avoir consommé du fentanyl. En 2015, il y en a eu 274. En 2012, c'était plutôt 29 cas de surdoses.

Katheleen Ganley, ministre de la Justice de l'Alberta. Katheleen Ganley, ministre de la Justice de l'Alberta.  Photo :  CBC

La ministre de la Justice de l'Alberta, Kathleen Ganley, considère que son gouvernement a pris les choses en mains en ajoutant 2,6 millions de dollars aux Équipes policières intégrées de l'Alberta (ALERT), 3 millions de dollars à Services de santé Alberta et en distribuant gratuitement des trousses de naloxone, administrée en cas de surdose.

Malgré ces efforts, la ministre estime que la bataille est loin d'être gagnée et que la situation pourra « au mieux se maintenir » dans la province.

Kathleen Ganley refuse de déclarer un état d'urgence sanitaire dans la province comme le lui demande le Parti libéral de l'Alberta, mais fonde plutôt ses espoirs sur la collaboration entre les agences de la santé et de la sécurité publique pour résoudre le problème.

Le sergent-chef Martin Schiavetta abonde dans le même sens. Il souligne que la nouvelle loi interdisant les machines utilisées pour fabriquer les comprimés de fentanyl est un pas dans la bonne direction.

Il veut aussi voir le gouvernement se pencher sur le problème de prescription d'oxycodone par les médecins, qui, en trop grande dose, mène certaines personnes à la toxicomanie.

La conférence sur le fentanyl se déplacera à Edmonton jeudi et vendredi.

Avec les informations de Jean-Charles Lanciault et de CBC

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