Manifestations et sabotage : Enbridge renforce la sécurité autour de ses pipelines

La Presse Canadienne
Trois manifestants sont enchaînés à la valve no 38 du pipeline 9B de la compagnie Enbridge. Trois manifestants sont enchaînés à la valve no 38 du pipeline 9B de la compagnie Enbridge en décembre 2015.  Photo :  ICI Radio-Canada/Denis Babin

La pétrolière Enbridge évalue et implante présentement des mesures additionnelles permanentes dans le but d'améliorer la sécurité de ses sites et d'y éviter les manifestations et les sabotages.

Dans un champ en banlieue de Sarnia, en Ontario, se trouve une grosse roue bleue entourée d'une clôture en mailles losangées. Sur une affiche accrochée à la clôture et une autre clouée à un poteau en bois, on peut lire l'avertissement suivant : pipeline à haute pression.

Tôt un dimanche matin de décembre, un trio d'activistes anti-oléoduc ont réussi à passer de l'autre côté de la clôture. Sur des photos, ils sourient alors qu'ils font tourner la roue, à laquelle ils se sont plus tard enchaînés.

Si la modeste manifestation n'a causé aucune blessure ou interruption de service importante, le propriétaire du pipeline - la canalisation 9 qui vient tout juste d'être prolongée et inversée afin de transporter du pétrole depuis le sud-ouest de l'Ontario jusqu'à Montréal - a estimé que ce genre d'événement soulevait de sérieuses questions.

Graham White, un porte-parole d'Enbridge, a affirmé que les sites appartenant à la compagnie établie à Calgary étaient sécurisés et surveillés afin de protéger la population et l'environnement, et que toucher à ces installations ou les saboter était très dangereux.

Des manifestants ferment une valve de la ligne 9B d'Enbridge et s'y enchaînent Des manifestants ferment une valve de la ligne 9B d'Enbridge et s'y enchaînent en décembre 2015.

Lindsay Gray, qui a accordé une entrevue le jour de la manifestation à Sarnia au nom des Défenseurs du territoire, a révélé que les militants n'avaient pas vraiment rencontré d'obstacles et que n'importe qui aurait pu faire ce qu'ils avaient accompli.

La canalisation 9 a été mise hors service pendant environ 90 minutes, le temps que les militants soient retirés du site et qu'Enbridge inspecte l'oléoduc. Même si les activistes ont soutenu être à l'origine de la fermeture du pipeline, Enbridge a indiqué que c'était elle qui l'avait fermé à distance depuis sa salle de contrôle.

Deux semaines plus tôt, un incident similaire était survenu à un autre tronçon de la canalisation 9 au Québec. Puis, au début du mois de janvier, Enbridge a dû interrompre le service pour sa canalisation 7 près de Cambridge, en Ontario, pour cause de sabotage.

Kelly Sundberg, un professeur adjoint de l'Université Mount Royal spécialisé en crimes environnementaux, déplore le recours à ces tactiques. « C'est tellement dangereux, a-t-il dit. Ils risquent d'endommager la canalisation. Il y a beaucoup de conséquences négatives qui peuvent découler de cela, tant sur le plan de la sécurité que sur celui de l'environnement. »

À ce sujet, Mme Gray a rétorqué: « Chaque seconde que le pétrole coule dans ces pipelines, nous sommes en danger. »

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