Des prévisions médiocres pour l'avenir du pétrole canadien

Puits de pétrole Puits de pétrole  Photo :  PC/Larry MacDougal

L'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) revoit à la baisse ses prévisions de production à long terme. Elle estime que la chute brutale des cours du pétrole survenue depuis moins d'un an aura des répercussions sur la production pétrolière durant les deux prochaines décennies.

Un texte d'Anne-Diandra LouarnTwitterCourriel

Dans son rapport annuel (en anglais), l'organisme prévoit que, en 2030, 5,3 millions de barils seront produits chaque jour au Canada, dont la plus grande partie proviendra des sables bitumineux. C'est un million de barils de moins que les prévisions de 2014.

« La demande de pétrole canadien dans l'est du pays, mais aussi aux États-Unis et dans le reste du monde demeure forte », assure toutefois Greg Stringham, vice-président de l'ACPP. D'ailleurs, l'organisme estime que la demande d'énergie, y compris le pétrole, va augmenter de 37 % au cours des 25 prochaines années.

Une importante marge de progression

Troisième plus grande réserve de pétrole au monde, le Canada produit actuellement 3,7 millions de barils par jour tandis que 93 millions sont consommés quotidiennement sur la planète. La marge de progression est donc très importante, selon Greg Stringham, qui souligne que « le Canada possède l'énergie dont le monde a besoin, mais que le défi est d'arriver à produire ».

Il y a quelques jours, la banque britannique Barclays indiquait que la production canadienne de pétrole était à son plus bas niveau en deux ans, avec un peu moins de 4 millions de barils chaque jour. Les feux de forêt en Alberta et une série d'opérations d'entretien dans des usines de valorisation ont créé des conditions parfaites pour diminuer la production de pétrole canadien.

Besoin de développer les pipelines

Pour relancer la production, l'ACPP veut mettre l'accent sur le transport des matières extraites afin de mieux les exporter vers les marchés. L'organisme encourage, pour ce faire, le développement des différents projets d'oléoducs vers l'est, l'ouest et le sud de l'Alberta qui sont encore au stade d'évaluation et qui font face à une vive opposition, notamment de la part des environnementalistes.

Pour l'ACPP, le développement des pipelines répond à une logique de marché : « les raffineries au Québec et sur la côte atlantique du Canada importent près de 80 % de leur pétrole depuis l'étranger. Et dans le même temps, il y a une demande grandissante de pétrole canadien de la part de la Californie, de Washington, de l'Asie et de l'Europe », explique l'organisme qui compte sortir de la crise en produisant davantage.

Selon une note ministérielle de Finances Canada révélée récemment, le Canada a plutôt été épargné par la chute des prix du pétrole, et ce, grâce aux nombreux capitaux étrangers dans son secteur énergétique. Près de la moitié du secteur gazier et pétrolier canadien serait détenu par des investisseurs non canadiens.

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