Propos controversés sur la pornographie juvénile : Flanagan prendra sa retraite

L'ancien conseiller du premier ministre du Canada, Tom Flanagan (archives)

Quelques heures après la publication d'une vidéo dans laquelle l'ancien conseiller du premier ministre du Canada, Tom Flanagan, tient des propos controversés sur la pornographie juvénile, l'Université de Calgary a annoncé qu'il prendrait sa retraite.

Dans un communiqué publié jeudi, l'Université affirme qu'il prendra sa retraite le 30 juin. Plus tôt jeudi, l'Université avait précisé que le professeur Flanagan était en congé depuis janvier. L'établissement a cependant tenu à souligner que « la pornographie juvénile n'est pas un crime sans victimes ».

Les appels au bureau de M. Flanagan à l'Université de Calgary sont demeurés sans réponse jeudi.

Les propos controversés de M. Flanagan ont été publiés sur YouTube jeudi matin. La vidéo a été mise en ligne à la suite d'une conférence qu'il avait donnée à l'Université de Lethbridge, mercredi.

Lors de la conférence, un homme lui a demandé sa position sur la pornographie juvénile. M. Flanagan a alors répondu qu'il ne ressentait aucune sympathie pour ceux qui faisaient du mal aux enfants, mais qu'il remettait en question l'emprisonnement de « gens qui ne font que regarder des photos ».

M. Flanagan s'est excusé jeudi dans une déclaration écrite et il a affirmé qu'il ne soutenait en aucun cas la pornographie juvénile.

« Mes mots ont été mal choisis et dans le tumulte que j'ai provoqué, je n'ai pas été en mesure d'exprimer mon dégoût pour la pornographie juvénile et l'exploitation sexuelle des enfants », a expliqué M. Flanagan.

« J'ai lancé une question théorique pour savoir jusqu'où devrait aller la criminalisation de la consommation de pornographie. Mes mots ont été mal choisis. » — Tom Flanagan, ancien conseiller du premier ministre du Canada

Il s'est également excusé auprès des familles éprouvées par ce type de crime.

Une pétition avait par ailleurs été mise en ligne pour demander l'exclusion de M. Flanagan de l'Université de Calgary parce qu'il « ne partageait plus les valeurs de l'établissement d'enseignement ».

M. Flanagan enseignait la science politique à l'Université de Calgary depuis 1968.

La classe politique conservatrice canadienne se dissocie du théoricien de la droite.

Le commentaire de l'ex-conseiller de Stephen Harper a suscité de nombreuses réactions dans les médias sociaux. Andrew MacDougall, le directeur des communications du premier ministre du Canada, a affirmé sur Twitter que les propos de M. Flanagan étaient « répugnants, méprisants et effarants ».

La chef du parti d'opposition albertain Wildrose, Danielle Smith, a affirmé par voie de communiqué qu'elle se dissociait des commentaires de M. Flanagan, ancien directeur de campagne du parti de droite.

« Soyons clairs, M. Flanagan ne parle pas au nom du Wildrose et il n'aura aucun rôle formel ou informel au sein de notre organisation à l'avenir ».

« Il n'y a pas de mots assez forts pour condamner les commentaires du Dr Flanagan. La pornographie juvénile est un crime ignoble qui nuit grandement à toutes les personnes impliquées, y compris le spectateur. » — Danielle Smith, chef du parti Wildrose

La première ministre Alison Redford a pour sa part affirmé que les remarques de M. Flanagan lui donnaient la nausée, et qu'elles constituaient un exemple parfait d'un argument idéologique poussé à l'extrême.

Dans un communiqué publié jeudi, CBC a aussi affirmé qu'elle bannirait M. Flanagan comme commentateur à l'émission Power and Politics.

« Nous croyons que les commentaires de M. Flanagan ont dépassé les limites et que cela a pour répercussion de réduire sa crédibilité comme commentateur parmi nous » — Jennifer McGuire, directrice générale de CBC

Les liens existants entre M. Flanagan et le premier ministre Stephen Harper remontent à l'époque du Parti réformiste du Canada. M. Flanagan a agi à deux reprises en tant que directeur de campagne de M. Harper lors de courses à la direction.

En 2004,Tom Flanagan a dirigé la campagne du Parti conservateur, lorsque le parti a insinué que le Parti libéral du Canada appuyait la pornographie infantile en ne voulant pas renforcer la loi à cet égard.

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