Cogestion à la communauté de Lac-Simon?

La communauté autochtone de Lac-Simon La communauté autochtone de Lac-Simon  Photo :  ICI Radio-Canada / Luc Berthiaume

(Voir précisions ci-dessous) Deux fonctionnaires fédéraux sont à Lac-Simon depuis ce matin, alors que le ministère des Affaires autochtones et du Nord canadien vient d'imposer une cogestion à la communauté autochtone pour aider le Conseil de la Nation Anishinabeg à surmonter ses difficultés financières.

Avec les informations de Sandra AtamanTwitterCourriel

Précisions en date du 18 mars 2016

Le Conseil de la nation Anishinabe de Lac-Simon précise que la communauté n'est pas en cogestion.  Un peu plus tôt cette semaine, des représentants du ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada sont bel et bien venus rencontrer le Conseil.  Ils ont effectivement présenté le processus de cogestion.

Le Conseil a toutefois proposé une alternative et est toujours en discussion avec les instances fédérales pour éviter cette situation.

Le directeur général de Lac-Simon, Stéphane Savard, donne de plus amples explications :

« Si la cogestion nous a été présentée, c'est qu'on n'a pas été capable d'avoir un livrable des choses qui ont été demandées au courant de la dernière année et demie. Eux autres, ils n'avaient pas le choix de parler de cogestion. Nous, on est allés de l'autre côté, on a dit :"Non! Regarde, on a fait les choses et on s'engage d'ici une semaine à avoir telle affaire. On propose un calendrier." Tu sais, ce n'est pas encore finalisé, mais on propose une alternative par rapport à ça. »

Pour sa part, le ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada confirme que la situation financière s'est détériorée au cours de la dernière année à Lac-Simon.

L'embauche d'une ressource experte spécialisée en gestion financière, anciennement connue sous l'appellation « cogestion », a été proposée mercredi passé.

Le Conseil de la nation Anishinabe et le ministère sont toujours en discussion à ce sujet.

La cogestion l'une des étapes avant la tutelle. Elle a été imposée parce que le Conseil de la Nation Anishinabeg de Lac-Simon n'a pas remis certains rapports financiers dans les délais impartis.

« Quand une situation comme celle-là arrive, le ministère est alerté et il y a des fonctionnaires qui débarquent dans la communauté pour régler la situation », explique le député d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Roméo Saganash, confirmant du même souffle que la communauté avait dû mettre en place un plan de redressement.

La cogestion n'est pas une solution à long terme, croit Saganash

Toujours selon le député, la communauté serait en mesure de remettre les rapports d'ici le 1er mai. Le problème est criant selon le député, mais la cogestion ne règlera pas la question à moyen et long terme selon M. Saganash.

« Ils ont présentement une école primaire pour 200 étudiants et d'ici cinq ans, ils vont être 500 étudiants au primaire, illustre-t-il. [Ce sont] des situations que les fonctionnaires au ministère des Affaires autochtones ont de la misère à comprendre. On se trouve souvent comme au Lac-Simon dans des situations où la communauté est obligée de piger dans d'autres fonds pour subvenir au service de police, d'éducation. »

Une situation vécue dans d'autres communautés au pays

Lac-Simon est le reflet de plusieurs autres communautés au Canada selon le chef de l'Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador (APNQL) , Ghislain Picard. Ces communautés se retrouvent au pied du mur surtout en fin d'année financière.

« Les dirigeants ont des choix à faire qui ne sont pas nécessairement faciles.Tout est lié au plafond des dépenses qui perdurent depuis au moins deux décennies. Est-ce qu'on coupe dans l'éducation pour en donner plus au logement ou on fait le contraire? » — Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Joint au téléphone, le directeur général de Lac-Simon, Stéphane Savard, s'est contenté de dire que la communauté n'est pas sous tutelle. Le conseil est en rencontre depuis mercredi matin.

Abitibi–Témiscamingue en direct Afficher le fil complet