L'Abitibi-Témiscamingue, une pépinière pour l'haltérophilie?

Christine Girard Christine Girard  Photo :  AFP/Yuri Cortez

Jessica Ruel, Alex Bellemare, Marie-Ève Beauchemin-Nadeau : les haltérophiles qui s'entraînent dans la région sont nombreux à se démarquer lors de compétitions de haut niveau. L'Abitibi-Témiscamingue, qui a encore en mémoire les performances de la médaillée de bronze Christine Girard aux Jeux olympiques de Londres, est-elle en train de devenir une pépinière pour l'haltérophilie?

Un article d'Émilie Parent-BouchardTwitterCourriel

Les performances d'Alex Bellemare et de Robin Baron-Morasse aux Championnats canadiens juniors d'haltérophilie, qui sont tous deux montés sur la première marche du podium dans leur catégorie respective cette fin de semaine à Regina, en Saskatchewan, ne sont que les derniers exploits sur la longue liste de succès des haltérophiles de la région. 

Jessica Ruel, de Macamic, se démarque aussi régulièrement, à l'international comme au pays. Dernier fait d'armes : une cinquième position lors des Jeux panaméricains, à Toronto, l'été dernier. 

Pourtant originaire de Candiac, en Montérégie, Marie-Ève Beauchemin-Nadeau, qui vise une participation aux Jeux olympiques de Rio cet été, avait aussi choisi Rouyn-Noranda pour effectuer ses stages en médecine familiale parce qu'elle allait pouvoir y jouir des infrastructures d'entraînement de la salle Christine Girard lors de ses temps libres limités.

Cinq athlètes de l'équipe canadienne d'haltérophilie avaient aussi choisi Rouyn-Noranda comme repère tranquille en préparation des Jeux du Commonwealth de Glasgow, à l'été 2014

L'effet Christine Girard?

Mais l'influence de la médaillée de bronze des Jeux olympiques de Londres originaire de Rouyn-Noranda, Christine Girard, va-t-elle au-delà d'une salle d'entraînement à son nom?

La salle d'haltérophilie Christine Girard, à Rouyn-Noranda La salle d'haltérophilie Christine Girard, à Rouyn-Noranda  Photo :  ICI Radio-Canada (archives)

Modeste, la principale intéressée, qui habite maintenant la Colombie-Britannique, croit que ce sont surtout les entraîneurs des jeunes haltérophiles qui font en sorte qu'ils se démarquent. Celle qui a mis une croix sur une troisième participation aux Jeux olympiques et qui se consacre maintenant à l'entraînement d'athlètes prometteurs avoue cependant suivre la progression des haltérophiles de la région d'un oeil attentif. 

« C'est sûr que ça fait plaisir de voir que chaque athlète de Rouyn se développe de plus en plus. Je les regarde évoluer de loin et c'est sûr que ça fait plaisir à voir, ça rappelle des souvenirs aussi », explique Christine Girard.

« Je suis contente de savoir que j'ai pu [leur] ouvrir la porte et un peu [leur] montrer le chemin. » — Christine Girard, médaillée olympique

Source d'inspiration

L'entraîneur du Club Héraclès, à Rouyn-Noranda, David Petit, qui a lui-même entraîné Christine Girard au début de sa carrière, croit pour sa part que la nouvelle génération trouve un exemple à suivre en Christine Girard, qui avait elle-même été inspirée par l'ardeur à la tâche de ses soeurs Caroline et Valérie Girard, entre autres. 

« Oui, il y a un effet Christine Girard, parce que les gens la connaissent, elle vient d'ici, donc c'est le fun, laisse tomber David Petit, ajoutant que la détermination doit tout d'abord être un choix personnel. Et ce que ça fait aussi, c'est que ça [démontre] que les gens peuvent avoir accès à ça. C'est sûr que pour aller aux Olympiques, il y a des choix de vie à faire, mais il y a moyen, on peut toucher [au rêve olympique]. »

Celui qui supervise maintenant Robin Baron-Morasse, qui est monté sur la première marche du podium aux Championnats canadiens juniors cette fin de semaine, estime que c'est un privilège d'avoir pu entraîner une athlète de calibre olympique. Il croit aussi que le fait que Robin ait pu la voir à l'oeuvre au début son parcours a pu semer une graine dans l'esprit du colosse de 19 ans.

Marie-Ève Beauchemin-Nadeau Marie-Ève Beauchemin-Nadeau  Photo :  AFP/TAUSEEF MUSTAFA

Au même titre, fréquenter une personne de la trempe de Marie-Ève Beauchemin-Nadeau au Club d'haltérophilie Héraclès, avec toute la discipline que son double parcours en médecine et en haltérophilie exige, donne l'embarras du choix à son protégé lorsqu'il est temps de s'inspirer d'un modèle. 

« Robin, lui, il se fixe des objectifs et les atteint un après l'autre. Ce sont des marques, c'est sûr que tu ne deviens pas un [athlète olympique] demain matin », explique David Petit. 

« Les objectifs sont atteignables, il faut juste mettre les efforts à la bonne place. Eh oui, c'est faisable d'être un athlète de haut niveau en Abitibi.  » — David Petit, entraîneur au Club d'haltérophilie Héraclès

Assurer la relève

Et l'entraîneur assure que les distinctions des haltérophiles de la région rendent la discipline attrayante pour les plus jeunes. « Notre relève est bonne, juge David Petit. On a [aussi] une clientèle adulte un peu, et on commence avec des nouveaux athlètes aussi », conclut-il, avant d'ajouter qu'il sera possible de voir la relève à l'oeuvre près de chez nous, à l'occasion de de la 33e finale régionale centralisée des Jeux du Québec, le 30 janvier prochain, à La Sarre.

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