Crise à Val-d'Or : trois mois plus tard, des Autochtones se disent encouragés par les changements

Des gestes de rapprochement encourageants pour les Autochtones à Val-d'Or

L'un des faits saillants de 2015 au Québec demeure cette crise qui a secoué Val-d'Or. L'émission Enquête a dévoilé des témoignages de femmes autochtones qui affirment avoir été victimes d'agressions et de mauvais traitements de la part de policiers de cette ville d'Abitibi. Les Autochtones ont été secoués par ces révélations, mais près de trois mois plus tard, se disent encouragés par les gestes de rapprochement qui ont été posés.

Janet Mark, professeure universitaire d'origine crie, habite Val-d'Or depuis plusieurs années. Si elle a perçu un refroidissement entre Autochtones et non-Autochtones dans la foulée de la crise, elle est maintenant rassurée. « Oui, j'ai espoir et quand je vois tout ce qui se fait actuellement, que ce soit dans le milieu de la santé, que ce soit au niveau de la SQ aussi, je sais qu'ils sont très impliqués, aussi la Ville de Val-d'Or », dit-elle.

La Sûreté du Québec entend faire plus en matière de relations avec les Autochtones. Dans le réseau de la santé, des mesures ont été mises en place pour venir en aide aux femmes autochtones en détresse. Val-d'Or s'est aussi jointe à une coalition canadienne de municipalités qui luttent contre la discrimination et le racisme.

Autant de changements qui rassurent aussi Sharon Hunter, une Algonquine qui habite Val-d'Or depuis 15 ans. « Il y a eu la crise. Quelles actions [est-ce] qu'on pose maintenant pour se rapprocher des Autochtones, des premiers peuples? Et les actions présentées étaient très positives », croit-elle.

Mais après plus de 40 ans à Val-d'Or, l'Algonguin Richard Kistabish, lui, estime qu'il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment chez les Autochtones eux-mêmes. « Ce que les femmes ont dénoncé, par rapport à la police, ce n'est rien. Ce n'est rien. C'est juste la pointe de l'iceberg. Il y a autre chose en dessous », fait-il valoir. Il précise que ces femmes vivent aussi des situations difficiles à la maison.

Il espère que l'année 2016 permettra de faire la lumière sur la réalité des femmes autochtones partout au pays.

Avec les informations de Francis Labbé

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