Manège militaire : Québec s'offusque d'être tenu à l'écart

La ministre responsable de la Capitale-nationale, Agnès Maltais La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais

Le gouvernement Marois déplore le fait de ne pas avoir été informé du concept retenu pour la reconstruction du Manège miliaire de Québec, en remplacement du bâtiment incendié en 2008. Le premier ministre, Stephen Harper, sera à Québec aujourd'hui pour confirmer son investissement.

Si plusieurs députés et sénateurs conservateurs seront présents, aucun représentant du gouvernement au pouvoir à Québec ne fait partie de la liste des invités. La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, qualifie de « méprisant » cette attitude du fédéral.

Mme Maltais comprend mal que les Québécois ne soient pas consultés quant à l'avenir d'un bâtiment patrimonial important pour la Ville de Québec. « Il y a une grosse intervention qui va être faite, et il n'y a personne qui sait ce qui va se faire. S'il pense [Stephen Harper] qu'il est roi et maître sur le territoire québécois, je pense que ce n'est pas une façon de vivre, pas une façon de faire. »

La ministre Maltais souligne que le gouvernement Charest souhaitait également être tenu au courant des discussions au sujet de l'avenir du Manège militaire. Puisque le bâtiment est situé à deux pas de l'Assemblée nationale, Agnès Maltais croit qu'il faut le restaurer en tenant compte de l'harmonisation des bâtiments autour.

Agnès Maltais affirme qu'elle ne veut pas créer de tensions avec le gouvernement fédéral, mais seulement défendre les intérêts des Québécois. « J'espère qu'ils [les conservateurs] vont changer d'attitude avec le gouvernement du Québec qui veut, je le répète, collaborer parce que c'est dans l'intérêt du Québec. »

Annonce attendue

L'annonce sera faite ce midi en présence du maire de Québec, Régis Labeaume, des Voltigeurs, du ministre conservateur Christian Paradis, du député Jacques Gourde ainsi que des sénateurs Josée Verner et Michel Rivard.

Jean Baillargeon, qui a présidé les consultations publiques sur l'avenir du Manège militaire, croit qu'il est important que le nouveau bâtiment soit accessible au public. Il s'agit d'un point soulevé durant les consultations en 2009.

« C'est important de rendre accessible autant par l'avant que l'arrière, comme vous le savez, il y a des grands spectacles, il y a 100 000 personnes, pensez à Madonna qu'on reçoit dans un cabanon alors qu'on pourrait la recevoir dans des loges ».

Ottawa a annoncé en 2010 que le futur Manège servirait à abriter des fonctionnaires fédéraux et qu'il compterait, entre autres, une salle multifonctionnelle. Sa façade doit également être conservée. Les travaux de construction évalués à 100 millions de dollars doivent être terminés d'ici 2016.

Un joyau de 125 ans

Conçu en 1885 par l'architecte Eugène-Étienne Taché, le même qui a dessiné les plans de l'édifice du Parlement, le Manège, dont la construction s'est achevée en 1887, est le deuxième monument militaire en importance de Québec, après la Citadelle.
Les ruines du Manège militaire sur la Grande Allée, à Québec Les ruines du Manège militaire sur la Grande Allée, à Québec