Légionellose à Québec : un immeuble de Saint-Roch montré du doigt

Légionellose à Québec : un immeuble du quartier Saint-Roch montré du doigt

La Direction régionale de santé publique (DRSP) de la Capitale-Nationale montre du doigt la tour de refroidissement du complexe Place-Jacques-Cartier dans le quartier Saint-Roch comme étant la source de l'éclosion de légionellose qui a fait 13 victimes dans la région de Québec.

La DRSP de la Capitale-Nationale a établi une concordance entre la bactérie présente chez des personnes infectées et celle contenue dans les échantillons prélevés dans la tour située au 320 de la rue Saint-Joseph Est.

« L'information reçue des laboratoires sur les prélèvements de cette tour de refroidissement en termes de type de bactéries retrouvées, de leur nombre et de la localisation de l'édifice par rapport à la dispersion des cas nous permet d'affirmer cette concordance », explique le Directeur régional de santé publique de la Capitale-Nationale, François Desbiens.

« On savait que cette probabilité [d'identifier la source] relevait d'un défi technique et scientifique. Or, aujourd'hui, on peut vous annoncer que nous avons retrouvé l'ensemble de ces conditions. » — Isabelle Goupil-Sormany, médecin-conseil, Santé publique

La tour a fait l'objet de deux prélèvements, les 21 et 28 août derniers, et des opérations de désinfection ont été effectuées. La DRSP mentionne que les résultats témoignent de la situation il y a trois semaines et souligne que la source de contamination est contrôlée depuis le 21 août. « Il est important que la population sache que nous jugeons la situation toujours sous contrôle et qu'il n'y a pas lieu de modifier ses habitudes ou ses activités de travail, de loisir ou de vie quotidienne », affirme François Desbiens.

La CSQ étonnée

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui est propriétaire de la Place-Jacques-Cartier, se dit très étonnée d'apprendre qu'une de ses tours de refroidissement puisse être la source de l'éclosion de légionellose.

Le secrétaire-trésorier de la CSQ, Daniel Lafrenière, affirme que les tours étaient nettoyées mensuellement. « On a été les premiers surpris. On utilise les meilleurs produits, on a l'entretien fréquent, on croyait être au-dessus de cette situation-là. Il restera à voir si cette bactérie-là, on ne croit pas qu'elle est née chez nous, elle peut avoir été transportée ailleurs, mais il y aura une enquête qui verra de quelle façon c'est arrivé dans nos systèmes », réagit M. Lafrenière.

Les ventilateurs de la tour de refroidissement de cet édifice ont été fermés par mesure de prévention mardi soir, dès que les résultats ont été obtenus. L'autorisation de redémarrer cette tour de refroidissement sera donnée par la Régie du bâtiment du Québec et la DRSP de la Capitale-Nationale. Les deux organismes élaboreront conjointement les critères qui permettront de remettre en service le système.

Il reste à effectuer d'autres analyses au cours des prochaines semaines pour mieux documenter la situation, fait savoir la DRSP. Un rapport d'enquête sera publié à la mi-octobre.

Le maire de Québec Régis Labeaume. Le maire de Québec Régis Labeaume.

Le maire soulagé

Le maire Labeaume s'est dit soulagé mercredi après-midi d'apprendre que la DRSP de la Capitale-Nationale avait identifié la tour de refroidissement responsable de l'éclosion de la légionellose.

Le geste de François Desbiens d'identifier la source de la contamination a été courageux, estime le maire de Québec.

« Si le directeur de la santé publique ose situer l'édifice de la CSQ et en parler publiquement, je vais vous dire, normalement, il le fait avec beaucoup de précautions. Alors, s'il le fait, il doit être sûr de son coup », a-t-il affirmé.

Le maire Labeaume déplore néanmoins le fait que 13 personnes soient décédées après avoir contracté la bactérie.

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