Trop difficile?

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Une initiative d'étudiants de partager sur Facebook les réponses du Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFÉE) soulève un débat sur la pertinence et la difficulté de l'examen, mais aussi sur la réelle maîtrise de la langue française par ceux qui seront les enseignants de demain.

L'initiative d'étudiants de partager sur Facebook les réponses du Test de certification en français écrit pour l'enseignement soulève un débat sur la difficulté de l'examen, mais aussi sur la réelle maîtrise de la langue française par les enseignants de demain.

L'obtention d'un brevet d'enseignement requiert une note de passage de 70 % au TECFÉE, obligatoire depuis l'automne dernier.

L'examen est composé de deux parties: l'une exige la rédaction d'un texte de 350 mots, et l'autre comprend 60 questions portant sur la syntaxe, la ponctuation, la grammaire et le vocabulaire. C'est cette dernière partie qui semblerait être difficile à réussir.

Exaspérés par le test qu'ils jugent trop ardu, de futurs enseignants ont créé une page sur le site de réseautage Facebook où ils divulguent plusieurs questions de cette épreuve censée être secrète.

Plus de 1100 membres sont inscrits jusqu'à maintenant, s'y échangeant questions et réponses. Ils espèrent ainsi créer une banque de mots sur la page intitulée « Noms et expressions pouvant se retrouver dans le TECFÉE », pour obtenir une bonne note dans la partie vocabulaire du test.

Selon les commentaires inscrits sur le site, le test demande aux étudiants de connaître les définitions de certaines expressions telles que « cueillir des lauriers », « donner carte blanche » ou « faire la pluie ou le beau temps ».

Une porte-parole du ministère de l'Éducation affirme que la circulation de l'information ne met pas en cause la validité du texte, puisqu'il existe une banque de questions et plusieurs versions de l'examen.

Initiative dénoncée

Une professeure agrégée au Département de didactique de l'Université de Montréal, Pascale Lefrançois, déplore le geste des futurs enseignants. Elle rappelle que l'objectif de l'exercice est de s'assurer que les étudiants aient un niveau adéquat de français écrit.

« Je m'interroge sur leur attitude vis-à-vis de l'apprentissage et de la langue en général. Quand on se met à divulguer les réponses d'un examen aussi important que celui-là, je m'interroge sur leur attitude professionnelle. » — Pascale Lefrançois, professeure agrégée à l'Université de Montréal

Pascale Lefrançois ajoute que c'est un message « vraiment déplorable à envoyer à l'ensemble des enseignants et des élèves du Québec ».

Des parents d'élèves abondent dans le même sens. Ils n'arrivent pas à croire que les futurs enseignants utilisent la tricherie pour enseigner et se demandent ce que ces enseignants feront lorsque leurs propres élèves tricheront dans les classes.

Pertinence du test

Pour sa part, la présidente de l'Association québécoise des professeurs de français, Suzanne Richard, se questionne sur le contenu de ce test. « Que faudrait-il maîtriser en français pour enseigner? Si on s'attarde à ce genre de termes, on fait peut-être fausse route. Est-ce que ce n'est pas plus important d'écrire au tableau sans faute? »

Mme Richard ajoute que le français oral n'est pas abordé dans cet examen. Selon elle, cette partie ne devrait pas être négligée.

« C'est un ensemble de compétences qui fait en sorte qu'un enseignant est bon est français, pas seulement un test. » — Suzanne Richard, présidente de l'Association québécoise des professeurs de français

La présidente de l'association vient tout juste d'apprendre que ces réponses sont disponibles sur Facebook, mais ne s'étonne guère. « À partir du moment où il y a un test de connaissance, que ce soit dans n'importe quel domaine, ce n'est pas étonnant que les étudiants tentent de mieux réussir. »

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