Appel aux anciens résidents

L'avocat des résidents de Shannon, Charles Veilleux L'avocat des résidents de Shannon, Charles Veilleux

Un appel est lancé aux personnes qui ont résidé à Shannon dans les 30 dernières années pour qu'elles se joignent au recours collectif intenté par un regroupement de citoyens.

L'avocat des citoyens de Shannon souhaite que d'anciens résidents touchés par la contamination de l'eau au TCE se joignent au recours collectif intenté contre le gouvernement canadien. Pendant ce temps, Ottawa réserve ses commentaires pour les tribunaux.

L'avocat des résidents, Charles Veilleux, estime que de nombreuses autres personnes ayant résidé à Shannon ont pu avoir développé des maladies en raison de la contamination de l'eau potable par le trichloréthylène (TCE). Les citoyens attribuent à cette contamination une vague de cancers qui frappe plusieurs résidents de la municipalité.

Après avoir visionné le reportage de l'émission Enquête jeudi soir, les citoyens sont plus que jamais convaincus qu'il y a eu négligence de la part du gouvernement canadien.

En point de presse, vendredi, l'avocat a souligné ne pas comprendre pourquoi aucune enquête sérieuse n'a encore été menée à ce sujet. « J'écoutais hier dans le reportage le Dr Prud'Homme dire qu'une étude à Shannon coûterait des millions. Je me demande combien de centaines de millions ont été dépensées par le gouvernement du Québec, par la Régie de l'assurance-maladie, par l'assurance hospitalisation, au niveau des 1500 ou 2000 cas de problèmes de santé qui découlent de cette exposition. Qu'on ne veuille pas faire une étude, ça me surprend beaucoup », a soulevé Me Veilleux.

M. Veilleux souhaite avoir terminé, d'ici quatre mois, de colliger l'information permettant d'établir les dommages financiers qui seront réclamés dans le recours collectif.

Réactions politiques

L'opposition libérale à Ottawa presse le gouvernement conservateur d'intervenir auprès de la population de Shannon. Le lieutenant québécois du Parti libéral du Canada, Denis Coderre, insiste sur le fait que le gouvernement libéral a, à l'époque, accordé 13 millions de dollars à la municipalité pour l'installation d'un réseau d'aqueduc.

Aujourd'hui, c'est aux conservateurs d'agir, selon lui. « Je sais que depuis 2000, il y a des gestes qui ont été posés et je demande au ministre de la Défense de ne pas lire une réponse, mais de faire en sorte qu'on puisse regarder de façon précise le dossier », dit-il.

La ministre Josée Verner La ministre Josée Verner

Questionnés à la Chambre des communes sur le dossier de Shannon vendredi après-midi, les conservateurs ont répondu qu'ils ne feraient pas de commentaire, car l'affaire est devant les tribunaux. « On ne peut pas rester insensibles face à la maladie et à des drames qui se vivent dans des familles et qui affectent les vies humaines. Ceci étant dit, comme c'est devant les tribunaux, je ne peux pas me permettre d'avancer plus de commentaires », a indiqué la ministre fédérale des Affaires intergouvernementales Josée Verner.

Elle a ajouté que le gouvernement fédéral travaillait depuis quelques mois en étroite collaboration avec la municipalité de Shannon afin de trouver une solution durable.

Le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc, demande quant à lui à la direction de la Santé publique de lui faire rapport de tout ce qui a été fait jusqu'à maintenant dans le dossier de Shannon. Il demande aux autorités de revoir les études déjà réalisées et d'en envisager d'autres. « On va également voir la faisabilité, ce qui est possible au niveau enquête. Mais vous savez, c'est de petits nombres de personnes, donc, souvent, ce n'est pas significatif », mentionne le ministre.

La qualité de l'eau est bonne à Val-Bélair

Le maire de Québec, Régis Labeaume Le maire de Québec, Régis Labeaume

La Ville de Québec a par ailleurs voulu faire le point vendredi après-midi sur la qualité de l'eau à Val-Bélair, un secteur limitrophe au territoire contaminé.

À l'instar de la veille, le maire Labeaume a senti le besoin de rassurer la population. « En aucun moment, ceux et celles qui habitent ce secteur-là, avec les résultats qu'on a aujourd'hui, ne doivent être inquiétés. S'il advenait que nous découvrions dans ces puits quelconque polluant ou TCE, ils le sauraient tout d'abord, nous les en informerions, et nous passerions à l'action », a déclaré le maire.

Le directeur de laboratoire à la Ville de Québec, François Proulx, a expliqué que, selon un rapport de l'Institut national de recherche scientifique remis à la Ville en janvier, aucune contamination n'a été notée dans trois des cinq puits qui alimentent le secteur de Val-Bélair et les quantités trouvées dans les deux autres sont minimes. L'INRS n'a par ailleurs trouvé aucune trace de TCE dans la rivière Nelson qui se jette dans le lac Saint-Charles, le principal réservoir d'eau de la ville de Québec.

Les citoyens de Shannon poursuivent le gouvernement canadien, la multinationale General Dynamics et une filiale de SNC-Lavalin pour la contamination de l'eau potable par le TCE. Entre 1300 et 1400 résidents, dont plus de 200 souffrent de maladies graves ou de cancers, font déjà partie du recours collectif qui sera entendu à l'automne 2009 en Cour supérieure. Devant les tribunaux, les avocats des citoyens appuyés de leurs experts devront démontrer un lien direct entre l'eau contaminée au TCE et les cas de cancers.

Le montant réclamé au gouvernement fédéral n'est toujours pas fixé, mais selon l'avocat des demandeurs, il dépassera certainement les 700 millions de dollars.

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