Délai supplémentaire pour les syndiqués

Le maire de Québec, Régis Labeaume Le maire de Québec, Régis Labeaume

Quelques heures après la fin de son ultimatum, le maire Régis Labeaume ouvre la porte à un compromis avec les syndicats. Il leur donne jusqu'à l'adoption du prochain budget de la Ville, soit le 15 décembre, pour présenter de nouvelles offres. Les cols blancs notamment entendent déposer une offre mercredi.

Le maire de Québec donne aux employés de la ville jusqu'à l'adoption du prochain budget, soit le 15 décembre, pour faire des offres.

Régis Labeaume fait valoir qu'il est de son devoir d'employeur de négocier de la sorte afin de montrer qu'il est de bonne foi.

Le maire refuse toutefois d'admettre l'échec de sa stratégie. Régis Labeaume avait donné jusqu'au 1er décembre aux syndiqués afin de parvenir à une entente pour le renouvellement de leur convention collective, sans quoi ils devraient mettre une croix sur toute augmentation de salaire.

Après avoir dit qu'il retirait son offre salariale de 2 % sur trois ans, le maire a fini par admettre que des augmentations seraient possible en 2009 et qu'il donne une chance à la négociation même s'il n'y croit pas. « S'il advenait qu'un groupe syndical nous proposait de signer une entente comme l'ont fait les cadres, évidemment, on est ouverts, mais sincèrement, je ne le crois pas. »

Le chef de l'opposition Alain Loubier estime pour sa part que la stratégie d'ultimatum du maire Labeaume a échoué et qu'il doit maintenant s'asseoir à la table de négociations. « M. Labeaume redécouvre l'adage qui veut que ce n'est parce qu'une poule caquette fort qu'elle pond davantage. Je pense qu'il brosse un constat d'échec de la stratégie qu'il a adoptée jusqu'à maintenant », dit-il.

Les esprits s'échauffent

Des échanges musclés se sont déroulés lundi soir lors de la séance du conseil municipal. Le maire Labeaume a notamment dû s'excuser mardi matin pour des propos tenus à l'endroit d'un conseiller de l'opposition, Michel Fecteau. Le conseiller du RMQ avait piqué le maire au vif en lui disant de prendre ses médicaments. Dans le brouhaha général qui s'en est suivi, le maire a échappé un juron.

Par ailleurs, les employés de la Ville de Québec se sont fait entendre auprès des membres du conseil municipal. Dans un concert de klaxons, de sirènes et de chants de rassemblement, environ 1000 employés, des cols bleus, cols blancs et pompiers, ont perturbé les 90 premières minutes de la séance du conseil, obligeant même les conseillers municipaux à suspendre les règles de procédure pour leur permettre de se comprendre.

Les employés de la ville ont manifesté en grand nombre Les employés de la ville ont manifesté en grand nombre

Les syndiqués étaient venus rappeler qu'ils rejetaient l'ultimatum du maire. « On ne marchera pas sur la menace, c'est sûr et certain. C'est des menaces, toutes les semaines c'est de la confrontation », a lancé Réjean Rochette, vice-président du syndicat des employés manuels.

Jean Gagnon, président du syndicat des fonctionnaires de la Ville de Québec, a rappelé que les syndiqués souhaitent une entente négociée.

« Depuis le début, le maire Labeaume ne nous respecte pas, nous traite comme des vauriens », a poursuivi Éric Gosselin, président de l'Association des pompiers professionnels de Québec.

Les syndicats promettent d'augmenter la pression pendant que la Ville prépare sa liste des services essentiels en cas de grève.