Réactions mitigées

(archives)

Les intervenants en santé de la région de Québec ont des réactions mitigées par rapport au plan annoncé par le ministre de la Santé Philippe Couillard, qui veut notamment baliser la place du privé en santé à la suite d'un jugement de la Cour suprême.

En compagnie du premier ministre Jean Charest, Philippe Couillard a annoncé un programme qui autorise la souscription à des assurances privées pour se faire opérer sans délai au privé pour certaines chirurgies. Le plan donne également une garantie d'accès gratuit et dans des délais médicalement acceptables à des services médicaux spécialisés dans le privé.

Rien pour les soins de première ligne

Or, des syndicalistes et des intervenants en santé à Québec, estiment que le plan Couillard n'offre aucune solution pour améliorer l'accessibilité aux soins de première ligne, ce qui constitue pourtant, selon eux, le plus important problème du système de santé actuel.

Selon des intervenants en santé, le plan Couillard n'offre aucune solution pour améliorer l'accessibilité aux soins de première ligne, ce qui constitue pourtant, selon eux, le plus important problème du système de santé actuel.

« La question d'accès à des médecins de famille, l'hébergement pour les personnes âgées et les soins à domicile; il y a là des problèmes névralgiques dans le système de santé et on n'y touche pas », déplore la présidente régionale de la CSN, Ann Gingras.

Le ministre ne parle pas non plus des CLSC, qui sont sous-utilisés, alors que les médecins sont dans les cliniques privées, poursuit la syndicaliste.

Pénurie de médecins

Toutefois, elle salue le fait que les médecins devront choisir entre le privé ou le public et ne pourront pas manger à tous les râteliers.

Toutefois, le président de l'association régionale des médecins de famille, le Dr Michel Lafrenière, soutient que cette obligation de choisir ne fera que limiter l'offre de soins médicaux, alors qu'on connaît une pénurie de médecins de famille.

Le Dr Lafrenière déplore lui aussi que le plan ne se préoccupe pas des gens qui sont en première ligne: « Si vous voulez opérer plus de monde pour la hanche, il faut que quelqu'un s'en occupe. »

Le Dr Lafrenière se dit déçu de constater que seuls les médecins spécialistes profitent d'une plus grande ouverture au privé. Il aurait aimé que les cliniques de médecine générale puissent aussi recourir au privé. Par exemple, le médecin croit qu'interdire l'accès au privé pour des tests diagnostiques comme l'échographie pénalise les patients et contribue à engorger les hôpitaux.

Le plan de Philippe Couillard autorise les Québécois à souscrire à des assurances pour se faire traiter - sans délais - dans des cliniques privées uniquement pour certaines chirurgies, comme celle de la hanche, du genou et de la cataracte.

Il y aurait en ce moment une centaine de patients qui attendent au-delà des délais cliniquement acceptables pour des chirurgies de la hanche ou des cataractes, à Québec.

Les propositions du gouvernement du Québec, dont le coût est évalué à 20 millions de dollars par année, seront débattues en commission parlementaire au cours du mois d'avril. Le gouvernement a jusqu'au 9 juin pour se conformer au jugement de la Cour suprême.

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